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Mémoires de Mme de Motteville, chap. 50, t. IV, p

lui seraient faites sur les évocations et qu'il désirait même être informé à l'avenir des empiétements qui pourraient être commis sur l'autorité du Parlement pour y apporter les remèdes convenables. Le roi rendit en effet une ordonnance dans laquelle il témoigna « que les remontrances qui nous ont été faites sur ce sujet, de la part d'une compagnie que nous avons eue en particulière considération, ne nous ont pas été moins agréables que le zèle qu'elle a pour notre service » ; en conséquence l'ordonnance renvoie au Parlement les affaires dont le Conseil s'était emparé et lève les défenses faites par le Conseil d'exécuter les arrêts du Parlement. Le Conseil n'en continua pas moins ses entreprises et le Parlement renouvela ses plaintes dès le mois d'août de l'année suivante. Il reprochait au Conseil d'admettre les évocations, même en dehors des cas où les ordonnances les autorisaient et, s'il y avait vraiment conflit entre deux juridictions, de ne pas se borner à régler le conflit et de garder les affaires. On en arrivait ainsi à former, dans le Conseil, un véritable tribunal ordinaire, jugeant même les appellations comme d'abus, les contestations entre les évêques et les chapitres, les différends relatifs au domaine, etc. La vérité est que ces empiétements du Conseil avaient existé de tout temps, mais à un moindre degré ; ils se multiplièrent surtout sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV.

Dans la plupart des circonstances où le Parlement se Le Parlement décida à élever la voix, il obtint justice, mais sans résultat, dg poiitique. car le Conseil savait bien qu'il était à l'abri de toute mesure sérieuse quoiqu'il fût dans la dépendance du roi et précisément même à raison de cette dépendance. Le Parlement se rendait un compte tout à fait exact de la situation. Il comprit qu'il devait renoncer à toute participation aux affaires publiques même les plus importantes.

C'est ainsi qu'il enregistra dans un lit de justice, le 19 décembre 1657,1a bulle du pape contre les jansénistes1. Quelques années auparavant, cette affaire aurait soulevé de véritables tempêtes. Mais le Parlement sentait qu'il était réduit à l'impuissance. Quelques-uns attribuaient cette déchéance à sa propre faute sans qu'il songeât à s'en irriter et bien que le reproche fût, tout au moins pour partie, vraiment injuste. « N'imputons pas, disait l'avocat général Denis Talon, dans une mercuriale de l'année 1657, à la malignité du siècle ou à des causes éloignées si nous sommes déchus dans ces derniers temps de la noblesse et de l'autorité de notre condition, si le Parlement a beaucoup perdu de son faste et de sa dignité et reconnaissons de bonne foi que la première source du mal est intérieure en nous-mêmes2. »

Le Parlement se repliait sur lui-même et s'en tenait assez rigoureusement à ses attributions judiciaires. D'ailleurs l'intérêt même de la justice y gagnait. A partir de cette époque, le Parlement s'occupa de plus en plus d'améliorer son organisation intérieure et sa procédure. Il rendit des arrêts de règlement qui préparèrent la réforme consacrée bientôt par l'ordonnance de 1667 ou qui la complétèrent dans la suite. Le premier de ces arrêts de règlement est celui du 29 janvier 1658 3.

Tout pliait devant l'autorité royale à ce point qu'elle réconciliait, tout au moins en apparence, ceux qui avaient éprouvé autrefois de véritables haines les uns pour les autres. Le Parlement, qui avait mis à prix la tête de Mazarin, envoya auprès du même cardinal, à l'occasion de la paix des Pyrénées, une députation chargée de le

1. Mémoires de Mme de Motteville, chap. 50, t. IV, p. 104. Cpr. t. I, p. 321.

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