‹ Le parlement de ParisChapitre 208 sur 238 · Mémoires de Louis XIV, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Louis XIV, t. II, p

dans ses mémoires. « La justice, à qui il appartenait de réformer tout le reste, paraissait elle-même plus difficile à réformer. Une infinité de choses y contribuait: les charges remplies par hasard et par argent plutôt que par le choix et par le mérite, peu d'expérience en une partie des juges, moins de savoir, les ordonnances de mes prédécesseurs sur l'âge et le savoir éludées presque partout, la chicane établie par une possession de plusieurs siècles , fertile en inventions contre les meilleures lois et enfin, ce qui les produit principalement, j'entends ce peuple excessif vivant de procès et les cultivant comme son héritage, sans autre application que d'en augmenter la durée et le nombre1. » D'ailleurs le roi entendait bien laisser aux juges toute indépendance dans l'exercice de leurs fonctions, comme il le déclara lui-même et en donna des preuves en maintes circonstances. Mais pour assurer en même temps sa suprématie vis-à-vis des cours souveraines, le roi eut lesoin de faire rendre, le 8 juillet 1661 , par son Conseil d'en haut, un arrêt qui faisait injonction à tous les Parlements, au Grand Conseil, aux Chambres des comptes, aux Cours des aides et à toutes autres compagnies souveraines, de déférer et se soumettre aux arrêts du Conseil. Dans le préambule de cet arrêt, le roi se plaint de ce qu'il s'est introduit de graves désordres pour l'administration de la justice ; les compagnies souveraines en sont arrivées à ne plus tenir aucun compte des arrêts du Conseil, à en rendre même en sens contraire, et à perpétuer les procès par ces conflits. Il y a plus encore : les gens du roi. chargés de représenter et de défendre l'autorité du prince dans ses cours de justice, loin de condamner de semblables entreprises, les ont souvent provoquées et se sont même permis de menacer d'amende et de prison ceux qui

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