‹ Le parlement de ParisChapitre 209 sur 238 · Mémoires de Louis XIV, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Louis XIV, t. II, p

voudraient recourir au Conseil du roi. Tous les magistrats et cours souveraines, qui se permettront à l'avenir de pareils faits, encourront l'indignation du roi; on ne leur reconnaît que le droit de s'adresser à lui par voie de supplication et de remontrance1. Le Parlement, auquel on venait de reconnaître le droit de remontrance, en usa timidement, à propos d'un arrêt du Conseil, au mois d'août de cet année 1661, mais n'obtint rien. Il se faisait cependant bien modeste : « supplieront, dit la délibération de la cour, très humblement ledit seigneur roi de faire un bon règlement qui puisse ôter tous les sujets et le remercieront du soin qu'il prend de réformer la justice et de réprimer les abus qui se sont glissés de toutes parts dans son royaume et de ce qu'il promet d'entendre favorablement et de faire grande considération sur les remontrances des compagnies souveraines et lui représenteront aussi qu'il y a des termes dans ledit arrêt du Conseil qui sont contraires au sentiment que ladite cour a donné en toutes rencontres d'avoir du respect et de l'obéissance qu'elle conservera toujours pour ledit seigneur ». D'ailleurs, le roi veillait avec un égal souci au respect de son autorité et à l'établissement du bon ordre dans toutes les autres parties de son administration. C'est ainsi qu'un édit de novembre 1661 créa une chambre de justice pour la recherche des abus et malversations commis dans les finances depuis 1655 2.

Le Parlement, averti par toutes ces mesures, s'attachait de plus en plus à s'en tenir à l'administration de la justice et à ses attributions ordinaires. Tout au plus se permettait-il, de temps à autre, des arrêts de règlement sur les questions qui se rapprochaient le plus de ses attributions

1. Arrêt du Conseil d'en haut du 8 juillet 1661, dans Isambert, t. XVII, p. 405.

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