‹ Le parlement de ParisChapitre 22 sur 238 · L'Estoile, Journal, t. II, p · texte numérisé non relu

L'Estoile, Journal, t. II, p

qui est son absolue puissance, les édits pouvaient passer; mais que selon la loi du royaume, qui était la raison et l'équité, ils ne pouvaient ni ne devaient être publiés ». Néanmoins le chancelier de Birague fit procéder incontinent à la publication, mais on se vengea de lui en disant que ce jour-là il avait été le chancelier du roi de France, et non le chancelier de France1.

Le Parlement ne fit aucune difficulté sérieuse pour enregistrer successivement les lettres patentes qui érigeaient la vicomte de Joyeuse, la châtellenie d'Epernon, le marquisat d'Elbeuf en duchés-pairies. Mais les résistances reparurent pour l'enregistrement d'édits bursaux. En novembre 1582, le roi envoya à la cour quatre ou cinq édits nouveaux de création d'offices pour en tirer de l'argent au profit de ses deux mignons, « tant il était aveuglé de l'amour de ses deux petits muguets, lesquels tenaient plus grand train et faisaient plus de dépense que n'avaient fait les enfants des feus rois François Ier et Henri second2 ». Ce fut la cause d'un mécontentement général autour du roi comme dans le peuple, et cependant on se soumit. L'Estoile en donne pour raison que le roi était une bête, mais à laquelle on avait arraché les dents et les ongles.

Le roi se rendit encore une fois au palais en mars 1585 pour un nouvel enregistrement d'édits fiscaux. Il reconnut qu'il créait de nouvelles charges, mais il invoqua l'état embarrassé des affaires que lui avaient léguées ses prédécesseurs. Les paroles du roi étaient courtes et bien senties, mais le chancelier de Birague prononça ensuite un discours long et inepte, parlant en termes vagues des charges du royaume sans en spécifier une seule. Le premier président demanda au roi de permettre à la cour de

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