Voy. aussi Journal de
Jansénius1. A l'occasion de l'enregistrement de cet édit, le premier président dit à Louis XIV que les rois étant une portion de la divinité n'usaient jamais plus légitimement de leur autorité que dans les cas où ils la mettaient au service de Dieu et que la déclaration était légitime parce qu'elle était nécessaire. « Il finit, dit d'Ormesson, très avantageusement par un compliment au roi et des assurances de service du Parlement. » Ce discours reçut l'approbation générale de l'assemblée et fut tout particulièrement agréable au roi. Mais il n'en fut pas de même de celui de l'avocat général Talon, fils d'Omer Talon, qui avait été lui-même avocat général pendant la Fronde et avait connu le régime de la liberté. Il montra plus d'indépendance ou, pour mieux dire, moins de servilité.
D'après d'Ormesson, il prétendit que « le caractère des rois était de bien faire à autrui et il soutint longtemps cette proposition qui ne pouvait apparemment être agréable au roi, car c'était un reproche qu'il ne faisait du bien à personne ». Aussi la compagnie et le roi n'en témoignèrent aucune satisfaction. Ce second discours fut déclaré long et ennuyeux, bien qu'il se terminât aussi par un compliment à l'adresse du roi*. Quelques mois plus tard, à la fin de l'année, au mois de décembre, la même scène se reproduisit, mais cependant à un degré moins fâcheux, de la part des magistrats et pour la dignité de la compagnie. Le roi tint un lit de justice pour faire enregistrer trois déclarations, l'une sur le droit annuel, la seconde sur les finances, la troisième sur la réduction des rentes au denier vingt.
Le premier président s'empressa de louer le roi d'avoir rétabli l'ordre dans ses finances et poursuivi les financiers, tout en exprimant la crainte qu'en voulant punir les cou-