‹ Le parlement de ParisChapitre 212 sur 238 · Voy. Journal de cTOrmesson, t. II, p · texte numérisé non relu

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pables on ait parfois connu le danger de mettre la main sur des innocents. D'ailleurs « Sa Majesté, étant très juste et fort éclairée, imiterait ce père qui, voyant son fils enveloppé dans les replis d'un serpent qui Fallait étouffer, sut frapper son coup avec tant d'adresse, qu'il tua le serpent sans blesser son fils ». Cette fois encore l'avocat général fit preuve d'une plus grande dignité et d'une véritable indépendance. C'était Bignon qui portait la parole et il ne craignit pas de faire la critique des déclarations. Il reconnut « que le roi était sur son trône, plein de majesté et de terreur et qu'il y avait un autre trône intérieur et spirituel, qui était le cœur de ses sujets où il devait régner ; que c'était ce trône où Dieu même prenait plaisir de demeurer ». En terminant il eut bien soin de relever que les déclarations ne seraient enregistrées qu'à raison du très exprès commandement et de la présence du roi : « Puisque Votre Majesté veut être obéie et qu'elle agit avec plénitude entière de la puissance par un très exprès commandement et par le seul respect que nous devons à la présence de Sa Majesté, je requiers qu'il soit mis lu, vu et registre1 ».

Le roi fut mécontent de ce discours et, craignant qu'il ne servît de prétexte à des délibérations ultérieures, il eut le soin, en sortant, de faire dire par le chancelier au premier président et aux présidents à mortier, qu'il entendait être obéi sans observation. Néanmoins les Enquêtes, quelques jours plus tard, demandèrent l'assemblée des Chambres, à l'effet de délibérer sur les édits. Le premier président refusa net; les Enquêtes insistèrent; alors le roi, prévenu de cet incident, intervint et ordonna au premier président de réunir les Chambres, mais pour leur rappeler sa défense et leur intimer de s'y soumettre. « Je

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