‹ Le parlement de ParisChapitre 23 sur 238 · L'Estoile, Journal, t. II, p · texte numérisé non relu

L'Estoile, Journal, t. II, p

délibérer sur des mesures aussi graves, qui devaient lourdement peser sur le peuple français. L'avocat du roi, de Thou, parla en sens contraire. Il remercia le roi de l'honneur qu'il avait fait à sa cour de la venir voir et requit lecture, publication et enregistrement des édits au nombre de onze. Ces formalités furent en effet remplies, mais avec la mention du très exprès commandement du roi1.

La Ligue sut habilement profiter de ces mesures pour Triomphe décrier le roi et détruire son autorité. L'audace des e a Igue' Ligueurs devint telle que, le 31 mars 1585, ils publièrent un manifeste de guerre à Péronne, ne se bornant pas à demander des garanties pour la foi catholique, mais réclamant très énergiquement en même temps des réformes politiques. Le roi, effrayé, s'empressa de traiter avec le duc de Guise à Nemours, le 7 juillet 1585.

Sous la pression de la maison de Lorraine et de Guise, le roi prépara un édit qui révoquait tous les précédents édits de pacification, interdisait l'exercice public de la religion réformée sous peine de mort, ordonnait aux ministres de cette religion de sortir du royaume dans le délai d'un mois, aux autres protestants dans le délai de six mois, à tous sous peine de mort2. Le roi le premier comprit que cet édit était trop rigoureux et provoquerait des protestations. Aussi, lorsqu'il se rendit au Parlement pour le faire publier, ne put-il s'empêcher de dire à son oncle le cardinal de Bourbon : « Mon oncle, contre ma conscience, mais bien volontiers, je suis ci-devant venu céans faire publier les édits de pacification, pourvu qu'ils réussissoient au soulagement de mon peuple. Maintenant je vay faire publier l'édit de révocation d'iceux, selon ma conscience, mais mal volontiers, pource que de la publi-

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