‹ Le parlement de ParisChapitre 223 sur 238 · Néron, t. Il, p. 8")5; Isambert, t. XX, p · texte numérisé non relu

Néron, t. Il, p. 8")5; Isambert, t. XX, p

prévenir les abus des écritures des avocats et des procureurs1. Toutes ces mesures témoignent de la diligence de la cour du roi et de son souci de la bonne administration de la justice. Le Parlement avait droit à la reconnaissance des plaideurs en même temps qu'il donnait au roi de nouvelles preuves de son dévouement. Mais combien devait-il se sentir d'autant plus humilié lorsqu'on lui réclamait plutôt des services que des arrêts? C'est ainsi que Louis XIV n'hésita pas à demander au président de Harlay un arrêt qui donnait rang aux ducs du Maine et de Vendôme, bâtards adultérins du roi, immédiatement après tous les princes du sang légitime et immédiatement avant les ducs et pairs. Le premier président se soumit2. Dans le procès du maréchal de Luxembourg, la conduite de ce magistrat fut encore plus blâmable. Suivant l'usage, tous les plaideurs, c'est-à-dire les ducs et pairs, adversaires du maréchal de Luxembourg, y compris Saint- Simon, sollicitaient les juges et Saint-Simon songeait même à demander une évocation au Grand Conseil, pur moyen de chicane. Il s'agissait d'une question de préséance ; mais on sait quelle importance la noblesse attachait alors aux affaires de cete nature. Pour établir son droit d'être le second pair laïque, le duc de Luxembourg soutenait qu'une pairie érigée sur la tête d'une femme pouvait se transmettre à une autre femme. Ses adversaires répondaient que cela ne s'était jamais vu et cherchaient à récuser le premier président. Ils essayèrent d'abord de décider le duc de Rohan à faire un procès au fils du premier président, qui était avocat général au Parlement, pour obtenir ainsi le droit de récuser le père ; mais le duc de Rohan refusa de se prêter à cette fraude. Toutefois la difficulté disparut bientôt, car le premier président indiqua

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