‹ Le parlement de ParisChapitre 229 sur 238 · Mémoires de Saint-Simon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Saint-Simon, t. VI, p

« Le roi n'y voulut point d'autre forme ni même sa signature, pour que sa décision ainsi toute nue, sans sceau, sans signature des autres secrétaires d'État, sans vérification au Parlement, tînt plus de sa toute-puissance1. » Pontchartrain reçut aussi l'ordre d'expédier pour la duchesse du Maine le brevet de conservation de rang et d'honneurs de princesse du sang fille. Le jugement de Louis XIV sur les princesses fit scandale et jeta la discorde dans la famille royale. Il fut suivi d'un autre, à raison d'une nouvelle décision du roi donnée sans forme et qui accordait aux enfants du duc du Maine le même rang qu'à leur père. Saint-Simon prétend que le roi alla jusqu'à s'humilier auprès de son fils et de son petit-fils en leur demandant de lui promettre de maintenir après sa mort le rang qu'il donnait aux enfants du duc du Maine.

Les ducs Au Parlement les choses n'allaient pas mieux. Villars

était reçu duc et pair sans prendre aucun ancien pair pour témoin de sa vie et de ses mœurs, ce qui ne s'était jamais vu et était contraire à tous les usages. Le Parlement n'osa pourtant pas protester et dans le public on se demanda si Villars avait ainsi agi par respect, par honte, ou par la crainte d'être refusé. De leur côté, les pairs furent non moins humiliés de cette dérogation aux vieux usages. Saint-Simon dit qu'il éprouva une véritable peine à se trouver à cette cérémonie et qu'il refusa, comme la plupart des autres pairs, d'aller dîner le soir chez Villars2.

Peu de temps après, Berwick ayant demandé, comme prix de ses services, d'être fait duc et pair, après avoir échoué dans une première tentative, réussit complètement auprès du roi. Comme il était d'origine anglaise, et qu'il espérait un retour des Stuarts, il obtint même du roi que

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