‹ Le parlement de ParisChapitre 230 sur 238 · Mémoires de Saint-Simon, t. VII, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Saint-Simon, t. VII, p

sa qualité de duc et pair de France se transmettrait non pas à l'aîné de ses fils, auquel il réservait le duché de Berwick en Angleterre, mais au second. Berwick obtint tout ce qu'il voulut et même d'être appelé duc de Fitz-James (fils de Jacques), par tradition de ce qui se fait en Angleterre. Il acheta pour son duché-pairie une terre médiocre, celle de Warties, près de Clermont-en-Beauvoisis. Saint- Simon s'indigne autant de la faiblesse du roi, qui acceptait toutes ces conditions, que de celle du Parlement qui les enregistrait1. D'ailleurs les ducs et pairs s'agitaient singulièrement dans ces dernières années du règne de Louis XIV, peut-être précisément parce que le roi avait créé un grand nombre de pairs, jusqu'à quatorze à la fois en 1655. Déjà pendant sa première présidence, Harlay avait proposé un projet sur les rangs des princes du sang et des ducs et pairs. « Lors du grand mouvement en 4694, dit Saint- Simon, du procès entrepris par M. de Luxembourg contre ses anciens, il fut fait un projet que j'ignorais longtemps depuis, qui réglait en forme de déclaration du roi les transmissions contestées de la dignité de duc et pair, laquelle excluait presque entièrement les femelles, mais qui, avec cet appât au duc, les assommait par l'établissement du grand rang des enfants naturels du roi. » Ce fut le président de Harlay qui fit échouer ce projet. Ce magistrat en présenta un autre dont le chancelier, le président et Saint-Simon reprirent la discussion en 1711. On proposa à Louis XIV de soumettre ce projet relatif à l'organisation de la pairie à l'examen d'une commission entièrement composée de ducs ; mais le roi refusa net en invoquant leur ignorance en toutes choses. Saint-Simon s'en révolte. Il reproche à Louis XIV d'avoir la haine des ducs et de redouter leur puissance. N'est-il pas ridicule de les réduire

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