‹ Le parlement de ParisChapitre 24 sur 238 · Édit de juillet 1585, dans Fointanon, t. IV, p · texte numérisé non relu

Édit de juillet 1585, dans Fointanon, t. IV, p

cation d'icelùi dépend la ruine de mon État et de mon peuple1. » ■

Le Parlement était loin de se montrer hostile à la suppression de la religion réformée, mais il estimait que les peines étaient trop rigoureuses et le premier président de Harlay ne put s'empêcher d'en faire des remontrances au roi. Elles ne furent pas écoutées. L'édit fut enregistré et, en sortant du palais, le roi fut acclamé à son grand étonnement, car il n'était plus habitué à ces témoignages d'affection. C'étaient les Ligueurs qui, à prix d'argent ou de dragées, avaient amené des faquins et des enfants. Quelque temps après, le délai donné aux huguenots pour abjurer fut jugé trop long et réduit à quinze jours par une déclaration du 16 octobre 1585 2.

La Ligue triomphait de toutes parts. Jusqu'alors la papauté avait refusé de la reconnaître. Le 15 septembre 1585, le pape l'approuva, excommunia ceux qui soutenaient les Calvinistes et fulmina une bulle contre le roi de Navarre, qu'il déclarait déchu de ses droits au trône. Le roi de Navarre sut faire opposition à cette bulle du pape Sixte- Quint5. Lorsqu'elle fut présentée au Parlement pour l'enregistrement, celui-ci ne put s'empêcher de témoigner son indignation. Le vieil esprit gallican reparut dans toute sa force. Le Parlement reprocha à Sixte-Quint de se mêler des affaires du royaume et d'entreprendre sur l'indépendance du pouvoir temporel. Au cours de la discussion, un conseiller alla jusqu'à dire que la bulle était si pernicieuse, si contraire au bien de toute la chrétienté et à la souveraineté de la couronne, qu'elle ne méritait d'autre récompense que celle déjà accordée par un précédent roi à une

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