L'Estoile, Journal de Henri IV, t. V, p
tinés à faire cesser l'interrègne par l'élection d'un roi, mais à la condition que le Parlement délibérerait ensuite sur la vérification de ce qui serait fait aux États et que les dix magistrats députés pourraient prendre part à cette délibération1. Les Ligueurs et les partisans du pape comprirent qu'il fallait compter avec le Parlement. En février 1595, le légat vint en personne au palais, pour exhorter les magistrats à la patience et les assurer des bonnes dispositions du pape. Le président Hacqueville et l'avocat Dorléans lui répondirent par un pompeux éloge du Saint Père*.
Malgré ces efforts, des sympathies de plus en plus nombreuses se manifestaient en faveur du roi, non plus seulement de la part des bourgeois et dans le peuple, mais même parmi les membres du clergé. Les cardinaux, archevêques, évêques, abbés et autres, réunis d'abord à Mantes, puis à Chartres, avaient déclaré, sans se départir de leur attachement pour le Saint-Siège, que la bulle du pape contre Henri IV était nulle comme contraire aux libertés de l'Eglise gallicane3. Mais on se demandait encore qui serait roi. Quelques-uns, peu nombreux et la plupart habitants de Paris, se prononçaient pour le duc de Guise, d'autres parlaient de l'infante Isabelle. Mais alors que deviendrait la loi salique? Ces incertitudes tournaient au profit du Béarnais. On en eut bientôt la preuve aux États généraux tenus par Mayenne. Les députés se réunirent au mois de janvier 1595; les États s'ouvrirent par une procession à Notre-Dame où les députés qui étaient déjà arrivés reçurent la communion de la main du légat et entendirent le sermon d'un prédicateur appelé Génébrard qui, tout en reconnaissant la loi salique comme base du trône de France,