‹ Le parlement de ParisChapitre 37 sur 238 · L'Estoile, Journal de Henri IV, t. V, p. 501 et · texte numérisé non relu

L'Estoile, Journal de Henri IV, t. V, p. 501 et

ajouta qu'il pouvait y être dérogé par la volonté de la nation. A l'ouverture des Etats, le duc de Mayenne proposa, pour donner plus d'éclat à l'assemblée, d'y appeler plusieurs membres du Parlement, de la Chambre des comptes, du Conseil, des officiers de la Couronne et des gouverneurs de province. Mais ce projet fut repoussé; on craignait qu'il n'amenât la division dans la noblesse et l'affaiblissement du Tiers État. C'était un échec pour Mayenne: il comprit ainsi, dès le début, que son autorité était fort chancelante. Il ouvrit ensuite la séance par une harangue pour annoncer à l'assemblée qu'elle avait été réunie à l'effet d'élire un roi catholique. Quelques jours après, le 28 janvier, les partisans du Béarnais firent offrir aux États d'entrer en négociation, et, après bien des discussions, le projet d'une conférence fut accepté, malgré les protestations des Seize et des prédicateurs de la Ligue. Le duc de Feria fit aussi tous ses efforts, mais en vain, pour empêcher la réunion. La première conférence entre les députés royalistes et ceux des États eut lieu à Suresnes le 29 avril1. On était généralement d'accord dans la Commission sur la double nécessité de maintenir l'hérédité monarchique et la foi catholique, mais la difficulté consistait précisément à trouver une solution pratique. Le 15 mai, le duc de Feria avait proposé sans succès au Conseil de la Ligue l'infante d'Espagne pour reine de France. Le 17 mai, l'archevêque de Bourges annonçait à la conférence de Suresnes la prochaine conversion de Henri IV. Le 28, le duc de Feria revendiquait devant les États de la Ligue, à Paris, la couronne de France pour l'infante Isabelle, fille de Philippe II et petitefille de Henri II, au nom du droit naturel et du droit divin, et sauf confirmation par l'élection, si cela était nécessaire2.

1. Voy. sur tous ces points et pour les détails L'Estoile, Journal de Henri IV, t. V, p. 347 à 569.

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