‹ Le parlement de ParisChapitre 39 sur 238 · L'Estoile, Journal de Henri IV, t. VI, p · texte numérisé non relu

L'Estoile, Journal de Henri IV, t. VI, p

les mains pleines de sang. Le président de Hacqueville essaya en vain d'excuser La Bruyère, il lui fut intimé ordre de cesser ses informations1. Le Parlement fit mieux encore: il ordonna l'arrestation des Seize et envoya des délégués auprès de Mayenne pour lui rendre compte de cet acte d'énergie*.

Pendant ce temps, les États devenaient de plus en plus hésitants. Enfin, le 20 juin, ils décidèrent qu'ils n'avaient pas pouvoir de renverser la loi salique ni d'élire un roi étranger, tel que le prince Ernest, mais qu'on pouvait s'entendre avec le duc de Feria pour le mariage d'un prince français avec l'infante d'Espagne. Cette décision était visiblement inspirée par Mayenne. Celui-ci aurait sans doute désiré devenir roi, mais personne ne songeait à lui, sauf lui-même. Le lendemain, 21 juin, sur l'invitation des États, dom Taxis, au nom du duc de Feria, se présenta à leur séance et offrit une autre combinaison. Dans les deux mois, le roi d'Espagne choisirait un prince catholique français, même parmi les princes delà maison de Lorraine; celui-ci épouserait l'infante d'Espagne et tous deux seraient rois solidairement*. Le légat appuya cette proposition de son autorité, mais les États se bornèrent à nommer une Commission. Celle-ci fut d'avis de répondre à l'ambassadeur d'Espagne qu'il n'y avait pas lieu de déclarer immé diatement l'infante reine de France, qu'on pourrait s'y décider le jour de son mariage avec un prince français. L'ambassadeur d'Espagne rejeta de suite cette proposition; les commissaires des États n'en maintinrent pas moins leur projet; dans la séance du 29 juin, l'archevêque de Lyon, leur rapporteur, reconnaissait « que vouloir pré-

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