Du Vair, Actes et traités, t. II, p
2. Voy. le texte dans Isambi:rt, t. XV, p. 71. Cpr. L'Estoile, t. VI, p. 207. "
L'arrêt du président Le Maistre, en proclamant, comme le dit l'Estoile, la liberté française contre la tyrannie espagnole, produisit un effet immense. Il porta coup, suivant l'expression de Sully1. Mais, en proclamant les lois fondamentales du royaume, en demandant un prince français, la Cour s'insurgeait à la fois contre la puissance espagnole, contre celle de Mayenne et contre l'autorité des États. Il n'était pas possible de se mêler d'une manière plus grave aux affaires politiques. Le Parlement le fît ce jour-là autant dans l'intérêt de la France que dans celui de la maison de Bourbon et en faveur de Henri IV. L'arrêt du président Le Maistre était un acte vraiment national ; aussi tous ceux qui n'avaient aucun intérêt personnel engagé s'y rallièrent avec enthousiasme et ainsi se forma le tiers parti qui fut si favorable à Henri IV. Les intéressés se montrèrent atterrés ou irrités. Lorsque le duc de Mayenne reçut avis de l'arrêt de la bouche même du président Le Maistre, accompagné d'une vingtaine de conseillers, il ne put dissimuler sa mauvaise humeur et reprocha au Parlement de ne l'avoir pas consulté dans une affaire de cette importance. Le premier président lui fit remarquer que cet arrêt ne préjudiciait en rien à l'autorité des princes, qu'il servirait au contraire de frein aux séditieux et qu'il unirait de plus en plus les catholiques. Les choses en restèrent là, mais, dès le lendemain, le président Le Maistre fut mandé chez l'archevêque de Lyon, où se trouvait alors Mayenne. Celui-ci lui demanda de rétracter son arrêt, le menaçant de l'emploi de la force, s'il ne se résignait pas de bonne grâce. L'archevêque de Lyon se joignit à Mayenne et tous deux reprochèrent au Parlement de s'être moqué du prince. Le président Le Maistre répondit à Mayenne que