‹ Le parlement de ParisChapitre 43 sur 238 · Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p

réprimer les passions des partis qui n'étaient pas éteintes. L'entreprise n'était pas facile et il fallut toute l'énergie et la bonté du roi pour y réussir. Les partis étaient toujours prêts à en venir aux mains et à se livrer à de véritables guerres privées comme en plein moyen âge. Les grands corps de l'État marquaient une véritable répulsion pour les protestants. Mais, au moment de la conversion du roi, il y eut un instant de détente, surtout de la part du peuple. Celui-ci ne vit qu'une chose : il avait un roi catholique et cela lui suffisait. En vain les prédicateurs de Paris attaquèrent-ils cette conversion avec la dernière violence1. En vain les États généraux de Paris, avant de se séparer, à la demande du duc de Mayenne et pour satisfaire le Saint-Siège, arrêtèrent-ils la publication et l'observation du concile de Trente, malgré les protestations des députés de Paris et de ceux de quelques provinces ; en vain le légat fit chanter le 8 août un Te Deum à Saint-Germain-l'Auxerrois pour célébrer cette publication2. De toutes parts on était las des querelles civiles et religieuses et on comprenait qu'elles n'avaient plus de but légitime, que leur seul effet serait à l'avenir de favoriser les entreprises des Espagnols.

Au mois de novembre, la rentrée du Parlement se fit à la Saint-Martin comme de coutume et ;la harangue fut prononcée par Charles Hotman, avocat du roi. M. Dorléans, dévoué à la faction des Seize, ne voulut pas s'y trouver et expliqua son absence par ce verset du Psalmiste : Cum impiis non sedebo. Il comprenait que le moment approchait où le Parlement allait retourner purement et simplement à son roi légitime.

Le Parlement commença par prendre une série de mesures destinées à arrêter les empiétements des Espagnols.

1. L'Estoile, op. cit., t. VI, p. 67 à 91, 105, 117, 128, 135.

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