‹ Le parlement de ParisChapitre 46 sur 238 · Le parlement de Chàlons ne rentra à Paris que le 15 mai · texte numérisé non relu

Le parlement de Chàlons ne rentra à Paris que le 15 mai

et de Châlons. Toutefois, il fallut bien rendre à Achille de Harlay la première présidence qui avait été occupée, pendant la Ligue, par le président Le Maistre. On ne pouvait cependant méconnaître les immenses services qu'avait rendus le président Le Maistre par l'arrêt mémorable dont il avait été un des principaux promoteurs. Henri IV l'appelait son bon président et créa pour lui une charge de septième président. Le 50 mars, Le Maistre prêta serment en cette qualité. Le lendemain, ce fut le tour des avocats et des procureurs ; tous jurèrent fidélité au roi1. Le même jour, fut publié dans Paris un arrêt rendu la veille par le Parlement, toutes chambres assemblées, qui révoquait la charge de lieutenant général conférée au duc de Mayenne, annulait tous les décrets, ordonnances et serments donnés, faits ou prêtés depuis le 29 décembre 1588, comme extorqués par violence, cassait les prétendus États généraux de Paris et ordonnait aux députés de ces mêmes États de rentrer dans leurs provinces*. Les registres tenus par le Parlement pendant la Ligue ne furent pourtant pas détruits; on les rendit à Pithou, et dans la suite sa famille les déposa aux archives de France. Pithou avait en effet été chargé par le Parlement, avec le conseiller Du Vair, de vérifier tous les actes de la Cour passés pendant la Ligue pour rechercher ceux qu'il y avait lieu de supprimer5.

On trouvait tout naturel d'anéantir ainsi tous les actes d'une nature politique et qui concernaient l'état général du royaume. Mais l'édit de pacification, pour éviter les troubles dans les familles, décida que tous les arrêts rendus pour les affaires des particuliers par les antiparlements, c'est-à-dire par les parlements de la Ligue, continueraient

Page 1