L'Estoile, op. cit., t. VI, p. 199 et
2. Isambert, t. XV, p. 85. Voy. L'Estoile, t. VI, p. 266, 272, 357.
3. Voy. à cet égard la préface de Grim, dans le Recueil de Boutaric, p. 247.
à être considérés comme valables et produiraient leurs effets1.
C'est le 1 9 avril 1 594 que l'avocat du roi, Servin, annonça l'amnistie générale2. Le 14, le parlement de Tours était arrivé à Paris et on lui avait fait une entrée solennelle ; il était allé directement trouver le roi, qui l'avait fort bien reçu, tout en disant que sa volonté était qu'on ne se souvînt plus du passé et que tout fût oublié. Le 15 mai, ce fut le tour du parlement de Châlons; il n'avait pas pu rentrer plus tôt parce que les chemins n'étaient pas sûrs3. L'ordre fut en effet long à se rétablir, dans les provinces comme dans la capitale, malgré l'amnistie du 6 août qui maintenait dans leurs charges tous les Ligueurs, sous la seule condition de prêter serment au roi dans le mois. La plupart d'entre eux, en effet, reprirent leurs fonctions, et, à vrai dire, ils les avaient déjà conservées auparavant à prix d'argent ou par intrigue*. Bien des personnes étaient mécontentes de cette amnistie et déjà, au mois de mai, un avocat s'était permis en pleine audience de la Cour des aides de critiquer la bienveillance du roi. Il reçut immédiatement ajournement personnel à la Cour et aurait été certainement mis en prison s'il n'était pas arrivé à prouver qu'il n'avait jamais appartenu au parti de la Ligue. Le roi avait d'ailleurs compris que, malgré son ardent désir de clémence, il fallait laisser la justice suivre son cours contre les assassins du président Brisson et des conseillers Larcher et Tardif. Les parents des victimes ayant porté
1. La Roche-Flayin, livre I, chap. xxvi, p. 59. — On se rappelle que tous les parlements, sauf ceux de Bordeaux et de Rennes, s'étant déclarés pour la Ligue, il avait fallu établir, pour le ressort de Paris, un parlement à Châlons et un autre à Tours; pour le ressort de Toulouse, un parlement qui siégea successivement à Carcassonne, à Béziers, à Castelsarrasin.