Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p. 2i
Ceux-ci réclamaient, avant tout, le rétablissement de l'édit de 1577, qui leur accordait l'exercice du culte dans une ville par bailliage et dans un certain nombre de châteaux, créait des charges de conseillers protestants dans les parlements de Bordeaux, Grenoble, Aix et Toulouse, accordait aux huguenots des places de sûreté pour six ans et enfin par un article secret leur reconnaissait le droit de concourir à la nomination des juges de leur religion. Les protestants voulaient que cet édit fût de nouveau vérifié et enregistré sans aucune modification dans les Cours de parlement. Ils étaient aussi fort préoccupés de la clause contenue dans le serment du sacre, par laquelle le roi s'engageait à exterminer l'hérésie. Cette question du sacre souleva même des difficultés avec la papauté. Mais le roi comprit qu'il ne dépendait ni des protestants ni du pape de trancher une querelle qui se rapportait à un usage national1. Lorsque le roi échappa quelque temps après à l'attentat de Jean Chatel, il eut soin de demander qu'on priât pour lui aussi bien dans les temples des protestants que dans les églises des catholiques. Le roi inclina surtout du côté des protestants, tant qu'ils n'eurent pas obtenu l'édit de Nantes. Cet édit, on le verra bientôt, ne satisfit personne pour le moment. Mais aussi le roi s'en prit-il alors aux catholiques comme aux protestants. Il engagea une véritable lutte avec le Parlement de Paris. En même temps, ses convictions religieuses s'étant visiblement affermies, il s'efforça de détourner du protestantisme tous ceux qui étaient de son entourage, disant que, s'ils y persistaient, il ne pourrait rien faire pour leur avancement. Il offrait même de les mettre en rapport avec des théologiens pour faciliter leur conversion. C'est alors que du Plessis publia, en faveur du protestantisme, un livre