‹ Le parlement de ParisChapitre 59 sur 238 · Lettres missives de Henri JV, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Lettres missives de Henri JV, t. VIII, p

cepte au profit de ses parents ou amis1. Il faut tout de suite ajouter que Henri IV ne se permit jamais de recourir aux pressions autoritaires. Il lui arrivait même, si les magistrats se plaignaient de ses sollicitations ou des mesures qu'il avait prises, de leur donner raison. Le parlement de Toulouse avait rendu un arrêt qui avait été annulé par le Conseil; ce parlement n'en avait pas moins reçu une opposition dirigée contre cet arrêt du Conseil et l'avocat général avait conclu en faveur des opposants. Le roi, irrité, manda à Paris le président, le rapporteur et l'avocat général; le parlement de Toulouse répondit par des remontrances et les magistrats se dispensèrent de venir. Ils ne se soumirent pas davantage à un second ordre de comparution; ce fut le roi qui reconnut implicitement son tort2. Maintes fois Henri IV arrêta ou suspendit le cours de la justice, soit par des ordres donnés au chancelier, soit par des lettres d'abolition. Mais le Parlement protesta non moins souvent et,par son attitude énergique, enraya le mal sans parvenir à le supprimer3.

Le Parlement de Paris, toujours animé contre les jésuites, avait, par arrêt du 18 août 1598, enjoint au sénéchal d'Auvergne d'expulser les jésuites du collège de Tournon, conformément à l'édit du 1er octobre 1597. Mais la ville de Tournon relevant du parlement de Toulouse, le sénéchal d'Auvergne ne tint aucun compte de cette injonction et, le parlement de Toulouse ayant pris fait et cause pour les jésuites, le roi dut intervenir afin de terminer le conflit qui s'était élevé entre deux de ses Cours de justice4.

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