Voy. Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p. 285 et suiv
19 février 1601, le roi et la reine s'assirent à la table du premier président1 et le roi, en présentant ce magistrat à la reine, lui dit « que c'était un de ses bons serviteurs, lequel il aimait et la priait aussi de l'aimer pour l'amour de lui ». Le repas fut magnifique et, en sortant, le roi ne put s'empêcher de dire que son premier président le traitait toujours très bien2.
Le roi aimait ces réceptions et savait s'y montrer aimable envers les gens de son Parlement; mais il était intraitable pour les moindres étourderies des magistrats qui oubliaient la dignité de leur caractère ou le respect dû à la majesté royale. Dans une fête donnée par le président Bouinville à l'occasion de la venue du duc de Savoie, un jeune conseiller du Parlement, qui était en masque, fut assez maladroit pour interrompre la conversation du roi avec une demoiselle et emmener cette jeune personne à la danse. Le roi demanda quel était cet intrus et lorsqu'on lui apprit qu'il avait l'honneur d'être conseiller de son Parlement : « Ventre saint gris ! dit Henri IV, si les autres conseillers de ma Cour vous ressemblent, j'ai une Cour bien sotte. » Le conseiller s'empressa de demander pardon au roi et évita ainsi un plus grand affront3.
Le concile La question de l'admission du concile de Trente conti-
nuait à agiter les esprits. Le pape, ayant tout récemment donné satisfaction au roi en prononçant la nullité de son mariage avec Marguerite de Valois, voulut profiter des bonnes dispositions du roi pour obtenir la publication du concile de Trente, et en effet le roi parut un instant disposé à trancher cette question sans consulter le Parlement. Le roi en parla à Duplessis et aux maréchaux. Plusieurs con-