Isambebt, t. XVI, p. (iO
tous les pouvoirs fussent laissés à la reine régente « qui avait jusqu'ici parfaitement dirigé le gouvernement de l'État ». Les États généraux ne devaient plus être convoqués pendant près de deux siècles. C'était encore là, comme on l'a déjà dit, une circonstance particulièrement favorable pour le développement des pouvoirs politiques du Parlement. N'était-il pas surtout, comme Cour des pairs, le successeur légitime de ces assemblées nationales? Le tiers état lui était tout particulièrement favorable et lui savait gré d'avoir, en toute circonstance, soutenu la monarchie et les libertés, d'avoir contenu le clergé dans de justes limites, d'avoir sans cesse combattu l'orgueil de la noblesse. Le Parlement se hâta de prendre position. Dès le 16 mars 1615 il avait dit au roi : « Votre Parlement de Paris, Sire, né avec l'État, tient la place du conseil des princes et des barons qui, de toute ancienneté, étaient près de la personne des rois : pour vaincre de ça, les princes et les pairs du royaume y ont toujours séance et voix délibérative. Les lois, ordonnances, créations d'offices, traités de paix et autres plus importantes affaires du royaume lui sont envoyés pour en délibérer, en examiner le mérite et y apporter en toute liberté les modifications raisonnables1. » Quatre jours après la dissolution des États généraux, le Parlement fit acte d'héritier de ces assemblées. Dès le 28 mars, à l'instigation du maréchal de Bouillon, les Chambres assemblées furent convoquées sous le bon plaisir du roi, avec les princes et les pairs « pour aviser sur les propositions qui seront faites pour le service du roi. et le bien de son service* ». Le Parlement se fondait, pour justifier son initiative, sur ce que le roi avait promis de ne pas répondre aux cahiers des États généraux sans l'entendre au préalable. Il désirait, comme