‹ Le parlement de ParisChapitre 73 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 62 à · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 62 à

s'excusa encore une fois à raison de sa maladie. Le lundi 17 août, à cinq heures du matin, Le Jay fut enlevé de force, jeté dans un carrosse du roi, conduit au Louvre que le roi venait de quitter. Le lieutenant des gardes Delaunay, chargé de sa personne, avait ordre de suivre le cortège du roi à distance. Mme Le Jay s'étant sur-le-champ rendue au Parlement pour demander justice, celui-ci s'empressa de désigner deux présidents et quatre conseillers qui allèrent immédiatement au Louvre pour parler à la reine mère. Mais en route ils apprirent qu'elle aussi venait de quitter Paris. Le Parlement délégua alors trois commissaires qui étaient chargés de rejoindre le roi et de lui présenter des remontrances. Le roi fit répondre aux commissaires que le président Le Jay serait traité avec les plus grands égards, mais qu'il continuerait à accompagner le roi dans son voyage. Toutefois, le président Le Jay ne dépassa pas le château d'Amboise où il fut gardé à vue jusqu'à la paix de Loudun. Lorsque les commissaires vinrent rendre compte de leur mission au Parlement, le premier président dut se borner à les remercier de leur dévouement au nom de la compagnie1.

Le prince Quant au prince de Condé, comme il continuait ses

agitations, le roi fit arrêter et traduire devant le Parlement le sieur de Beaulieu du Friayse, porteur de lettres du prince qui lui donnait mandat de lever des troupes, de faire main basse sur les caisses des receveurs et de s'assurer de certaines places. Le prince de Condé répondit à cette arrestation en menaçant ceux qui feraient un mauvais parti à ses amis. Le roi écrivit alors au Parlement pour lui dénoncer les agissements politiques du prince. Condé ne tarda pas à lever ouvertement l'étendard de la

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