‹ Le parlement de ParisChapitre 75 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 144 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 144 et suiv

protestants.

fisqués, que la mémoire du maréchal était proscrite à perpétuité, et que désormais aucun étranger ne serait admis au Conseil d'État ». Cette dernière disposition avait un caractère général et réglementaire; le Parlement ne l'oublia pas et il sut s'en servir plus tard contre Mazarin.

L'appui du Parlement était d'autant plus nécessaire que Les

la monarchie était attaquée de divers côtés. Ainsi la reinemère portait plainte au Parlement pour la non-exécution du traité qu'elle avait passé avec le roi et elle essayait même d'attirer Mathieu Mole dans son parti1. De leur côté les protestants s'agitaient à ce point que le roi crut nécessaire de leur défendre de s'assembler à La Rochelle ; il écrivit même au procureur général et à ses avocats au Parlement pour qu'ils fissent continuer les audiences de la Chambre des vacations pendant cinq à six jours et que celle-ci procédât à l'enregistrement de la déclaration contenant cette défense. Mais les protestants tinrent si peu compte des ordres du roi que l'assemblée de La Rochelle s'attribua le droit d'imposer des taxes, de nommer des généraux et de diviser la France protestante en huit départements2. La résistance des protestants obligea le roi à entreprendre une véritable campagne militaire; il eut soin de rendre compte à son Parlement des principales phases de cette lutte5. Mais cette guerre nécessitait une augmentation des dépenses. Aussi le roi rendit plusieurs édits qui créaient de nouveaux offices et établissaient quelques taxes. Le Parlement refusa d'enregistrer plusieurs de ces édits qu'il considérait comme contraires aux intérêts du royaume, et le roi dut tenir un lit de justice le 18 mars 1622 pour faire procéder à leur enregistrement.

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