‹ Le parlement de ParisChapitre 77 sur 238 · Lettres d'octobre 1624, dans Isambert, t. XVI, p · texte numérisé non relu

Lettres d'octobre 1624, dans Isambert, t. XVI, p

justice retenue par le roi? Ce qui est certain, c'est qu'elle était constituée avec des juges dont les opinions étaient connues à l'avance, et c'est cette absence complète d'impartialité qui a justement rendu odieuses les commissions extraordinaires. Lorsqu'au lieu des questions d'État, il s'agissait d'affaires religieuses, le cardinal s'en rapportait à la justice du Parlement, toujours disposé à sauvegarder ce qu'on appelait les libertés de l'Église gallicane. Sur ce point, mais sur ce seul point, le Parlement et le cardinal étaient d'accord; sous tous les autres rapports, la méfiance régnait et on se surveillait de part et d'autre avec soin.

Les Ainsi le Parlement fut vivement ému lorsqu'en 1627 le

GdenpoiUers.S roi rétablit à Poitiers les Grands-Jours qui n'avaient pas été tenus depuis 1596. La durée de ces Grands-Jours avait été fixée à six mois et leur ressort avait été étendu à la Saintonge, au Limousin et au Périgord. Le Parlement de Paris craignait que ce rétablissement et cette extension des Grands-Jours de Poitiers ne fussent destinés à préparer la création d'un nouveau parlement, ce qui aurait réduit et affaibli celui de Paris. On se souvenait que, déjà au siècle précédent, les États de Blois avaient demandé la création de deux nouveaux parlements, l'un pour le Poitou, l'autre pour le Lyonnais, et que cette création n'avait échoué que devant la résistance du Parlement de Paris1. Aussi le procureur général Mole, fidèle interprète des vœux du Parlement, en réponse aux lettres patentes qui lui avaient été envoyées pour la tenue des Grands-Jours de Poitiers, se plaignit de ce qu'on leur avait donné une durée trop longue et un ressort trop vaste. Le garde des sceaux consentit à la réduction des Grands-Jours à trois mois, mais il ajouta que l'extension du ressort ne présen-

1. Voy. Picot, Histoire des États généraux, t. III, p. 214 et 215.

tait aucun inconvénient et que tout récemment les Grands-Jours de Lyon avaient connu d'affaires du ressort du parlement de Languedoc, sans soulever aucune récrimination1.

Le Parlement se mit encore plus souvent sur ses gardes Louis xhi à partir de la déclaration du 15 mars 1627 qui conférait à l'ordonnance Richelieu le privilège de la pairie et lui donnait ainsi deMamiac. séance dans la première Cour de justice du royaume 2. La politique du roi était, comme on l'a dit souvent, celle de Richelieu; mais cependant on a exagéré cette vérité, au point de présenter Louis XIII comme le subordonné de son ministre. Certains historiens ont relevé avec plus de justice le caractère personnel et le rôle de Louis XIII, mais ils ont omis de constater que précisément le roi différait de son ministre dans ses rapports avec le Parlement. Louis XIII écoutait volontiers les observations de son Parlement; il lui donnait une place dans les affaires publiques; sans doute il lui défendait de s'en occuper sans sa permission, mais il lui procurait l'occasion de s'en mêler en maintes circonstances. Lorsqu'il dut se rendre en Italie pour soutenir le duc de Modène contre les Espagnols et le duc de Savoie, il tint un lit de justice dans lequel il fit enregistrer deux déclarations : la première accordait amnistie à tous les protestants qui consentiraient à poser les armes, la seconde confiait à la reine mère le gouvernement des provinces d'en deçà la Loire, pendant l'absence du roi; elle devait être assistée d'un conseil dont le procureur général Mole faisait partie. Le garde des sceaux de Marillac fit à cette occasion un long discours sur les prérogatives du pouvoir royal. Il rappela

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