‹ Le parlement de ParisChapitre 84 sur 238 · Voy. les Mémoires d'OMER Talon, t. I, p. 59 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. les Mémoires d'OMER Talon, t. I, p. 59 et suiv

4. Isambert, t. XVI, p. 415; Mémoires de Richelieu, t. VIII, p. 75; Mémoires d'OMER Talon, t. I, p. 101 à 120.

affaires de cette nature il pouvait compter sur l'esprit gallican du Parlement toujours disposé à résister à la cour de Rome1.

L'Académie Mais le Parlement n'en restait pas moins très préoccupé de tous les actes du cardinal. Il surveillait particulièrement ceux qu'il croyait de nature à porter atteinte à son autorité, même de la manière la plus indirecte. C'est ainsi qu'il mit beaucoup de temps à enregistrer les lettres patentes de fondation de l'Académie française. Richelieu avait commencé à s'occuper de cette institution dès le mois de février 1634. Les lettres patentes d'organisation de la nouvelle compagnie avaient été rendues au mois de février 1655, et l'année s'écoulait sans qu'il fût procédé à leur enregistrement. Enfin le 50 décembre le roi se décida à écrire à Mole. Il lui mande « que, par lettres patentes en forme d'édit, du mois de janvier dernier, il a voulu et ordonné être fait établissement d'une Académie française en notre bonne ville de Paris, laquelle n'étant composée que de personnes de grand mérite et savoir, ne peut être que beaucoup avantageuse au public et à la réputation et accroissement du nom français ». En conséquence le roi ordonne au procureur général de faire procéder à l'enregistrement des lettres patentes de création. Mais le premier président Le Jay continua à s'y opposer, malgré les conclusions favorables du procureur général et les instances du cardinal. Celui-ci fut obligé, pour vaincre les résistances de la Cour, de la menacer de faire enregistrer l'édit par le Grand Conseil. Le Parlement se décida alors à l'enregistrement en juillet 1656 et sous la condition que la nouvelle assemblée ne s'occuperait que de l'ornement, de l'embel-

1. Nous avons consacré une étude spéciale à ce mariage de Gaston d'Orléans. Voy. Séances et travaux de l 'Académie des Sciences morales et politiques, t. CXLV, p. 105.

lissement et de l'augmentation de la langue. La résistance du Parlement tenait à ce qu'il craignait que la nouvelle compagnie n'obtînt un droit de juridiction en matière de librairie, de presse et de propriété littéraire, ce qui aurait amoindri les attributions du Parlement et peut-être même son rôle politique1.

Le Parlement montrait plus de résistance lorsqu'il était certain d'être soutenu par l'opinion publique. Ainsi le roi ayant présenté à la cour, au commencement de mars 1654, un édit de réduction des rentes au denier dix-huit, les chambres assemblées refusèrent l'enregistrement. Le roi demanda alors le 30 mai que le Parlement lui envoyât des députés au sujet de cette affaire, mais chacun persistant dans sa volonté, le roi dut adresser des lettres de jussion, et le Parlement n'enregistra que le 14 juin sur le très exprès commandement du roi2 et sans tirer à conséquence pour l'avenir.

Au mois de mars 1635, le cardinal de Richelieu écrivit à Mole pour qu'il fît enregistrer au plus tôt l'édit des contrôleurs des consignations. Le 14 mai, une nouvelle lettre du cardinal n'obtint pas plus de succès que la première; le Parlement ne consentait à enregistrer l'édit qu'à la condition d'y introduire certaines modifications. Le roi en éprouva un vif mécontentement et il finit même par écrire à son tour à Mole. Il lui mandait de faire savoir au Parlement que cet édit était indispensable à cause de la pénurie du trésor de l'État, et il ajoutait qu'il s'étonnait des lenteurs que mettait le Parlement à lui accorder des secours. Dans cette circonstance encore, les Enquêtes essayèrent, mais en vain, de provoquer la réunion des

1. Voy. Isambert, t. XVI, p. 418; Mémoires de Mathieu Mole, t. IV, p. 165.

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