‹ Le parlement de ParisChapitre 9 sur 238 · La Rochk-Flavin, liv. I, chap. vi, p · texte numérisé non relu

La Rochk-Flavin, liv. I, chap. vi, p

n'entendait pas que sa cour de justice se mêlât d'office de l'administration du royaume, surtout pour lui résister. Dès le début de son règne, François Ier se rendit au Parlement pour lui communiquer ses projets d'administration. Le chancelier Duprat prit la parole au nom du roi; il déclara que trois choses contribuaient principalement à rendre un État florissant : des armées bien disciplinées, une sage administration des finances, une justice prompte et égale pour tous. Le Parlement, par l'organe de son premier président, se garda de répondre par des vues aussi générales; il ne parla que du pouvoir judiciaire, demandant le rétablissement des élections pour les charges de judicature, le droit d'attribuer les amendes aux pauvres, la répression des entreprises du Grand Conseil. Le roi fit droit à ces demandes, sauf à la dernière qui était pourtant la principale.

Le traité Peu de temps après, le Parlement fut appelé à un rôle

de Madrid. considérable à l'occasion du Concordat. Soutenu par l'Université et par l'opinion publique, il présenta de très énergiques remontrances; il n'enregistra le Concordat qu'après un discours très dur et très hautain, prononcé par le chancelier Duprat au nom du roi, et il eut le soin de constater qu'il n'avait rempli cette formalité que sur le très exprès commandement du roi. Cet enregistrement eut lieu le 22 mars 1517. De son côté l'Université s'efforça d'empêcher, par toutes sortes de moyens, la publication du nouveau traité dans les places publiques et ailleurs1.

En refusant d'enregistrer le Concordat, le Parlement n'avait en vue que l'intérêt du royaume et celui de l'Église gallicane. Il donna encore maintes autres fois des preuves de son dévouement à la chose publique et au roi en enre-

1. Chronique du roi François I", p. 20 et suiv. — Cf. Rabelais, éd. de 1823, Gargantua, liv. II, chap. H, t. I, p. 67 et 70.

gistrant, sans aucune difficulté, deséditsde finance nécessités par les guerres et par les besoins du royaume. Cependant, en 1525, il souleva quelques objections à l'occasion d'une véritable prodigalité du roi qui avait acheté la grille d'argent dont Louis XI avait orné l'église de Saint-Martin de Tours. Pour se mettre à l'abri des censures de Rome et pour garantir en même temps leur créance, les chanoines avaient demandé que l'acte de vente fût enregistré au Parlement. Cette formalité donnait aux actes une solennité particulière et assurait à la fois leur respect et leur conservation. Aussi, maintes fois, les hauts personnages et même les Etats étrangers sollicitaient-ils l'honneur et le bénéfice d'un enregistrement au Parlement. Celui-ci commença par refuser son concours aux chanoines, puis sur les instances du roi, il ne consentit plus tard à l'enregistrement que dans la mesure où l'acte intéressait le domaine1.

A la Toussaint de l'année 1525, le Parlement se réunit et délibéra avec les échevins et quelques membres de la Cour des comptes sur ce qu'il y aurait lieu de faire si les ennemis s'approchaient de Paris. La ville était en effet à peu près abandonnée à elle-même, et il y avait un véritable devoir pour le Parlement de pourvoir à sa sûreté2.

En septembre et octobre 1524, le Parlement fit publier dans les rues de Paris et au palais la victoire du roi, son entrée dans la ville de Milan, le traité de paix conclu avec le pape Clément VIP. Le roi lui-même conviait le Parlement ou ses membres à s'occuper de ses affaires extérieures. C'est ainsi qu'en janvier 1524 il envoya le premier président du parlement de Rouen, Brisson, avec l'archidiacre de la même ville, auprès du roi d'Angleterre pour y

2. Voir Journal d'un bourgeois de Paris sous François Ier, p. 178. 5. Ibid., p. 219 et 222.

traiter de la paix1. Après le désastre de Pavie, la régente s'empressa de se recommander au Parlement de Paris2 et lui demanda d'envoyer des députés à Lyon pour l'aider de ses conseils. La ville de Paris prit comme ambassadeurs près de la régente le conseiller Clutin et l'échevin Séguier; ils étaient chargés d'offrir à la régente tout ce qui était nécessaire pour faire cesser la captivité du roi. Le Parlement députa son premier président que la régente conserva toujours auprès d'elle pendant son séjour à Lyon et qu'elle envoya même comme ambassadeur auprès de l'Empereur avec l'évêque d'Embrun et le chevalier de Bryon, pour traiter de la paix3. De son côté le Parlement profita des circonstances pour adresser des remontrances dans lesquelles il accusait, assez maladroitement d'ailleurs, les huguenots d'être la cause des maux qui accablaient la France.

Lorsque la paix fut conclue avec l'Angleterre, le roi de ce pays demanda que sa créance sur le roi de France fût garantie par les principales villes de France, par les princes et par les grands seigneurs. La régente ayant écrit en ce sens à la ville de Paris, on tint à l'hôtel de ville une assemblée où l'on se plaignit de ce que semblable garantie n'était pas demandée au Parlement*. Dès que le traité fut conclu entre le roi d'Angleterre et la régente, le Parlement s'empressa de le publier, le 20 octobre 1521, bien qu'il fût encore en vacances5.

Lors du traité de Madrid qui rendit la liberté à Fran-

\. Voir Journal d'un bourgeois de Paris sous François Ier, p. 227.

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