SERGENTS ROYAUX
Il y avait encore pour le service du Parlement et pour l'exécution de ses ordres, vingt-deux sergents ou huissiers, avec un premier huissier (I).
La considération et l'importance du Parlement reportaient son éclat suç le premier huissier (princeps apparitor). Il avait aussi la noblesse qui se transmettait par succession au premier degré, droit qui lui fut attribué par la déclaration royale du 2 janvier 1601. Ses fonctions consistaient à recevoir, pendant les séances, les ordres de la cour, à commander le silence, à indiquer les placets, etc. Il communiquait ces ordres à haute voix aux autres huissiers, qui se chargeaient de leur accomplissement. 11 publiait les rôles à la barre de la cour et les affichait publiquement à son banc., qui était dans la
(4) Le mot Sergent se dérive de serviens ; autres le prennent à cause de leurs charges : sergcns, quasi. serre gens, parce qu'ils constituent prisonniers les malvivans, par ordonnance des juges, et les débiteurs obligés par corps. Autres, c^mme Rcbuffe, par risée, de serre - argent, qui est le moins probable, combien que ceux de cesle qualité n'oublient ordinairement leurs mains en l'exercice de leurs charges, quelques règlements que l'on ait pu faire de leurs salaires. (Offices de France, par Chenu. Paris, 1520.)
grand'sallc (antichambre de la grand'chambre), auprès du parquet des huissiers. Il faisait aussi l'appel des pauses du rôle, quand une des parties appelées ne paraissait pas et que l'autre demandait un jugement par défaut. Alors , le premier huissier se transportait à la porte de la grand' chambre, appelait la partie et son avocat ; après quoi il venait faire rapport à la barre de la cour.
Quand un pair ne paraissait pas sur l'assignation, le premier huissier se rendait à la table de marbre (1), au
(4) Il y avait autrefois deux de ces tables de marbre, dans la grande salle du palais de justice. Il y en avait une très-grande qui tenait toute la largeur de cette salle . A cette table, la cour des maréchaux tenait sa justice. Elle servait enfin aux festins solennels. Au couronnement d'Isabelle de Bavière, femme de Charles VI, le repas (21 juin 4389) fut donné sur la grande table de marbre qui continuellement est au palais et point ne bouge (Froissard, liv. IV, chap. 2). Hcuri II donna, sur cette table de marbre, son souper royal, le soir de son entrée à Paris (16 juin 4549). Il y avait encore une table de marbre dans la cour près du grand escalier du palais de justice : on la nommait le plus souvent, « Pierre de marbre. » La chronique de St.-Denis dit : » Que les cadavres des seigneurs qui furent tués en '357, au palais, dans la chambre du dauphin et en sa présence, furent traînés jusqu'à la cour du palais, devant la pierre de marbre et quon pouvait les voir de la chambre du dauphin. » Toutes deux servaient pour des proclamations publiques et pour la citation des parties. Dans les registres du Parlement, on remarque un acte où il est mentionné que le roi avait tenu, le dernier jour de juin 1525, un lit de justice, pour prononcer l'arrêt, par contumace, contre le comte de Flandre, Charles V empereur, et que le premier huissier l'avait cité à la fenêtre, près la porte de la barre du Parlement, et, après cela, sur la table de marbre de la grande salle et sur la pierre de marbre qui riait dans la cour du palais. Dans les derniers temps, ni