‹ Le parlement de Paris: son organisation, ses premiers présidents et procureurs généraux, avec (volume 3)Chapitre 42 sur 98 · A; MO^TI^R · texte numérisé non relu

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lesie^pfits et y introduisait les lumièfes qui, encore au- .jourd'hui, es;citent notre admiration.

La dignité du Padement fut atteinte par k vénalité des office^. L'institution entière reçut, parla, le caiîactëre d'une aristocratie mêlée d'argent et de noblesse, inutile au peuple, au prince et à elle-même(l).

Par suite de 1* admission au sein du Parlement , de membres incapables, les affaires retombaient aux mains d'employés subalternes et de secrétaires, auxquels le peuple imputait les fautes.

. La vénération,qile l'on portait au Parlement, se maintenait par le souvenir dupasse, mais fit place bientôt à la jalousie et au mépris, à ce point que le peuple qui, pendant des siècles, avait considéré le Parlement comme le soutien de ses libertés, accueillit (en 1790) avec indifférence sa suppression.

L^influence du Parlement sur l'administration du royaume n'est pas comparable à ce qu'il a accotnpli comme corps judiciaire. Il était l'image de la représentation nationale et en retint toujours un souvenir. Pendant des siècles, il s'opposa avec persévérance aux em-

{\ ) L*office d'un conseiller ou président (se vendait). . . 3^000 liv. •

'Cdui d'un président.' *40,000

Celui d'un conseiller au Parlement . 420^000

Celui de procureur général au ParlomenL de Paris « . I^IOO^OOO Celui de procureur de roy ou présidial de Lyon . . . 120,000 , ■ {Siècle de Louis XIV paf Voltaire) .

piétements que le pouvoir spirituel et la cour de Rome se permettaient sur les droits de la couronne. La France, bien que chez elle le pouvoir ecclésiastique n'ait pas été retenu dans de justes bornes, doit cependant conserver de la reconnaissance au Parlement pour l'avoir maintenue dans des limites plus étroites qu'il ne Ta été en aucun autre pays de l'Europe. — C'est là le seul avantage dont l'administration de la France soit redevable au Parlement. D'ailleurs, pour qu'il ait pu agir énergiquement en ces questions, il lui eiit fallu une base légale, une suffisante indépendance, et, parfois, il manquait de pénétration, d'intelligence et de lumière. Aussi ferme il se montra contre les usurpations du siège, aussi complaisant fut-il le plus souvent à approuver les mesures rigoureuses contre les hérétiques. Le massacre de la nuit de la Saint-Barthélemy (du 23 au 24 août 1572) fut justifié et approuvé par ses arrêts. Le 3* jour après la nuit de la Saint-Barthélémy, pendant que les massacres continuaient (27 août 1572) le roi, Charles IX, se rendit dans le Parlement pour demander vengeance contre les Huguenots : le Parlement était en vacances, de sorte que l'on dut convoquer une chambre extraordinaire. Le roi exposa que les personnes que Ton avait tuées, étaient conjurées contre lui et que Ton n'avait fait que devancer l'exécution du complot. La chambre du Parlement prononça que l'amiral Coligny, déjà mort et déchiré en morceaux, devait être traîné

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sur la place de Grève et pendu. Par un autre arrêt, deux gentilshommes (Briquemont et Cavagnes) amis de Tajniral, qui avaient échappé aux assassins, furent condamnés à être pendus le même jour. Le Parlement ordonna, en outre, que, chaque année, une procession serait faite pour remercier Dieu d'avoir sauvé le royaume. Cette procession n'eut jamais lieu.

Déjà, sous Louis XI, le Parlement s'était opposé à l'introduction, en France, de l'imprimerie (1470).

A la requête des copistes, qui vivaient de leur travail et qui accusaient les imprimeurs de sorcellerie, le Parlement fit saisir tous les livres imprimés.

Cependant le roi s'intéressa à l'art nouveau que Ton voulait étouffer, déféra la décision de l'affaire au conseil d'État, et paya aux imprimeurs la valeur de leurs livres.

Lorsque le grand ministre Richelieu fonda, en 1635, l'Académie française , le Parlement refusa, pendant dix-huit moiSjl'enregistrèment de la lettre de fondation.

On reconnaît, par là, que le Parlement était dominé, comme tous les hommes, par les fausses considérations et les préjugés.

Pour l'établissement de nouveaux impôts, le Parlement s'était, pour ainsi dire, fait une loi de refuser Traregistrement des édits royaux. Il agissait ainsi, plutôt par haine contre chaque innovation et par avidité pour la popularité que par un véritable amour pour le

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