DES PARLEMENTS DE FRANGE
rons siégeaient, afin que ces derniers pussent, sans se déplacer, prendre leur conseil, devinrent bientôt les maîtres du terrain. — Consultés par les rois, par les papes, par les comtes, ils furent les véritables arbitres des plus hautes questions (1).
Ainsi, avant de se décider pour Charles VII contre les Anglais, le comte de Foix demanda, sur ce point de droit, une consultation écrite au jurisconsulte Rebonit, qui, après avoir examiné le droit du roi de France et celui d'Henri VI, décida en faveur du premier (BibL Imp. Mss. Doat — ccxiv — 34, 52, 1423 5 mars). Pendant la captivité de François T^ le Parlement de Paris prit toutes les mesures réclamées pour la défense du royaume.
La société française, fondée par le glaive, consacrée par la religion, va enfin trouver, dans ses lois humaines et pratiques, les moyens de défendre ses droits : ce sera surtout l'œuvre des Parlements (2).
La noblesse, toujours fidèle à son origine militaire, laissait volontiers les offices de robe à la classe plébéienne. C'est de cette classe rude, honnête, laborieuse, que sortirent les gardes des sceaux, les secrétaires d'État^ les avocats et procureurs du roi, le corps judiciaire entier. La bourgeoisie occupait donc tous les emplois, excepté les gouvernements des provinces ou des armées, les charges dans la maison du roi. — Si parfois des sénéchaussées, des bailliages ou des pré-
(1) On voit le gouvernement anglais faire grâce à on écolier gai avait étiroié le droit à Angers (Archives impériales, TréSùV des Charlei, J. Registre CLXXIE, 689 (1427).
(2) La Monarchie de France, par Claude Seyseel, Mémoires de Sully (4607).