‹ Le Parlement de Paris, son organisation, ses premiers présidents et procureurs généraux, avec une notice sur les autres parlements de France et le tableau de MM. les premiers présidents et procureurs généraux de la Cour de Paris et les batonniers de l'ordre des avocats;Chapitre 23 sur 110 · AUDIENCE DE RENTRÉE · texte numérisé non relu

AUDIENCE DE RENTRÉE

La reprise des séances, après les vacances, avait lieu avec une grande solennité. Les membres de toutes les chambres, les fonctionnaires publics, les avocats et procureurs du Parlement se rassemblaient dans la grand'chambre et assistaient à la messe du Saint-Esprit. Tous y paraissaient en habits de cérémonie ; les présidents, en robe écarlate doublée d'hermine, leur mortier à la main, les conseillers et les officiers publics, en robe rouge et leur chaperon garni de fourrures.

Les avocats et les procureurs renouvelaient leur serment, qui était reçu par le premier président.

Ce renouvellement annuel du serment des avocats remonte aux temps les plus reculés, oii Ton attachait encore plus de prix au serment. Déjà Philippe le Hardi (fils de saint Louis) le prescrivit par son Ordonnance du 23 octobre 1274, pour les avocats de tous les tribunaux sans exception (Ord. du Louvre, T. I", p. 300), et Philippe le Bel, par son Ordonnance de l'année 1 291 , art. H (T. r,p. 320, 322). Pour les avocats au Parlement, l'Ordonnance de Philippe de Valois, mars 1344, sur le Parlement, (Ord., T. II, p. 220), prescrit le serment que les avocats et procureurs doivent prêter. Les premiers juraient entre autres : «Quod causarum in- « justarum patrocinîum scienter non récipient, quod

« si non ab initio ex post facto tamen vidèrent eam « esse injustam, statim eam dimittent; quod non pas— (' ciscentup de quota parte litis ; quod in causis quas « fovebunt, si vidèrent tangi regem, ipsidehoc curiam « admonebunt. »

Pour remettre en mémoire les lois et les ordonnances, le greffier en chef les lisait toutes autrefois, dans tout leur contenu. Cependant, plus tard, lorsque leur quantité se Tut accrue, oîi se borna à la lecture de quelques articles qui se rapportaientà la Gourde justice, à la réouverture des grandes séances publiques « grandes audiences^ » qui avait lieu le premier lundi, après la semaine dans laquelle se trouvait la Saint-Martin.

Le premier président et lun des avocats généraux faisaient chacun un discours aux avocats et procureurs.

Cette coutume de commencer, par une solennité, le retour du renouvellement annuel du service s'est conservée dans les tribunaux de TEmpire.

La messe du Saint-Esprit est un des plus anciens usages légués par les Parlements. Aux premiers temps de leur institutiçn, les proclireurs faisaient célébrer, avant Touverture des audiences, une messe, dans une petite chapelle située à l'intérieur du palais, du côté de la rue de la Barillerie. En 1406, le chancelier Arnaud de Corbie, qui avait été avocat, voulant assurer un fonds à la célébration de ces messes, établit une cotisation de deux écus, sur la réception de chaque avocat, et d'un écu sur celle de chaque procureur. Les cérémonies furent dès lors plus solennelles, et les procureurs adoptèrent lusage d'y inviter les magistrats et les avocats. En 1512, Louis XII, logeant au palais.

Page 1