PRÉFACE. IX
vécu dans ce temple honoré de la justice savaient qu'ils ne périraient pas tout entiers et que leur souvenir serait pieusement conservé par les compagnies, — leur famille d'adoption, — auxquelles ils avaient appartenu. — Aussi, à leurs collègues, ils laissaient, — avec leur suprême pensée, un modeste héritage. — Par son testament transcrit aux registres du Parlement de Dijon, le 10 février 1560, le conseiller Etienne de Berbisey (1) lègue à MM. les Présidents et à la Cour de Dijon : « Un horloge, avec son étui et coffre de bois, que je prie être mis, soit en la grand' chambre Toumelle ou Chapelle, qui servira à leur donner quelcju* avertissement du temps qu'ils feront le service du Roy, en ladite justice souveraine, ou autrement eux s'en aider, ainsi qu'il leur plaira, et lequel je veux être présenté par mes exécuteurs en pleine assemblée du Conseil, et qu'il soit bien poli et en bon ordre, ainsi qu'il appartient par un maître horloger, sonnant les heures pour la première fois seulement, au lieu où il sera mis dans la chambre du Conseil, lequel petit legs je les supplie très-instamment de vouloir bien accepter de bon cœur, et îcelui faire enregistrer es registres de la Cour, pour souvenance de leur pauvre confrère et humble serviteur. » Touchantes paroles, que nous n'avons pu résister au désir de citer, parce qu'elles montrent Taffection profonde dont les magistrats étaient animés pour leur profession. Aujourd'hui encore, lorsqu'on a l'honneur de vivre de cette vie judiciaire, — toujours si respectée, on lui donne son âme tout entière et l'on ne quitte jamais une si noble carrière, sans esprit de retour ou sans regret. Aussi est-ce à nos collègues, — connus ou inconnus, — que nous présentons ce modeste travail, en le plaçant sous le bienveillant patronage du ministre vénéré qui est devenu le chef de la magistrature de France, après en avohr été si longtemps la lumière et l'orgueil.
(i) Hiêtoire du Parlement de Dijon, par M. le président de La Cuisine.
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