‹ Le Parlement de Paris, son organisation, ses premiers présidents et procureurs généraux, avec une notice sur les autres parlements de France et le tableau de MM. les premiers présidents et procureurs généraux de la Cour de Paris et les batonniers de l'ordre des avocats;Chapitre 7 sur 110 · DES PARLEMENTS DE FRANCE · texte numérisé non relu

DES PARLEMENTS DE FRANCE

ils exercèrent la justice en leur propre nom. Dans chaque circonscription, difftrrnts ordres de plaids : Tun général, présidé par le comte ou son vicaire, pour les crimes et la propriété des immeubles ou des esclaves; les autres, particuliers, locaux, présidés par le centenier, pour les autres délits ou contraventions, les engagements et la propriété mobilière. C'était la haute et la basse justice; plus tard, la basse justice ne comprit plus que les excès, tandis que les méfaits, les engagements et les meubles occupèrent la moyenne justice.

Les historiens emploient le mot Parlement pour désigner les réunions, oîi se débattent les affaires de la nation.

Colle gérant iterùm Parlamentum^ ubi baraaes magni cum rmnoribus convenenmt....

Dans la vie de Louis YII on lit : Eodem anno castro Vezialensi magmmi Parlamentum congregavit, ubi archiepiscopi, episcopi et abbates et magna pars baroîium Franciœ convenerunt. Ludovicus Octavus rex Parlamenrtiim indicit apud Peronam .

Le Parlement fut d'abord un corps militaire, aristocratique, avant de devenir un corps judiciaire et politique. Dans l'origine, le roi n'avait qu'une seule cour et il n*y avait qu'un seul Parlement, dont le siège était Paris et dont le ressort devint plus tard, soit directement, soit indirectement, la France entière (Klimralh, t. II).

L'activité des gens de guerre s'accommodait malavec le calme des décisions de justice et, dès le VIT siècle, ils sont remplacés par les scabini^ magistrats perman en ts , appelés ?iussi rachimburgi. Ils devaient être sept, dans

les grandes assemblées ; leur nombre ne pouvait être moindre dans les plaids ordinaires.

Mais les guerres générales ou particulières donnaient à la force ou à la violence le premier rang, et il fallait que cette société française, laborieusement enfantée, trouvât enfin ses bases véritables et son repos. Une cjpoyance générale s'était répandue que le monde devait finir Tan 1000 de Tincarnation {Suspicali sunt multi finem sœculi adesse, Will — Godelli — Chronic. ap, scr. rer, Fr. X, 262). La peste, la faminer exerçaient ensemble leurs ravages ; ces excessives misères fondirent les cœurs et leur rendirent un peu de douceur et de pitié ; les évêques y aidèrent en proclamant la paix de Dieu, du mercredi soir au lundi de chaque semaine. Aussi, autour des églises fermentèrent et se firent jour les idées d affranchissement : leur occasion fut la défense contre l'oppression féodale.

Fondées par les rois, les communes constituèrent solidement la royauté qui s'appuyait sur le droit (Michelet, II, p. 267). Tous ceux qui souffraient et demandaient justice, imploraient le roi. Cette incarnation de la royauté et du droit eut sa formule dans Charlemagne d'abord, plus tard dans saint Louis, qui entra dans là lutte des légistes et des seigneurs contre les prêtres, comme aussi dans celle des juristes contre les seigneurs.

S'appuyant sur l'équité, immolant la lettre à l'esprit, il pratiquait ces paroles du Psalmiste\ Beatiqui custodiunt judicium et jmtitiam faciunt in omni tempore.

Saint Louis institua les quatre grands bailliages de Vermandois, de Sens, de Saint-Pierre-le-Moustier et

Page 1