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VIII. — Le personnel qui n’est pas du corps de la Cour

Sous ce titre, nous réunissons un certain nombre d’'employés que la compagnie ne compte pas parmi ses membres, mais qui sont unis à elle par des liens de nature diverse.

Il y a d’abord les titulaires d’offices dont le Parlement s’est rendu propriétaire ; ils sont assez nombreux : ce sont

{ Res, délib., 27 mars 1751.

2 » 9 janv. 1723, 27 juillet 1772.

3 » 10 fevr. 1734, 21 mars 1771.

à » 19 janv: 1775.

5 » 23 avril 1707.

ceux que Louis XIV crée, au début du xvu° siècle, pour remédier à la pénurie du trésor. La compagnie acquiert ces charges, soit pour faire sa cour au roi, soit plutôt pour éviter l’inconvénient de voir des gens qui ne seraient pas à sa dévotion venir contrôler ses actes. On peut citer l’office de receveur des épices et celui de contrôleur des épices ‘. On chercherait vainement dans les registres mention de ces personnages ; on ne trouve que le contrat d’acquisition de ces deux charges. Il est facile de comprendre pourquoi ; après avoir versé la finance de l'office, la compagnie investit des fonctions qui y sont attachées un greffier ou un huissier qui a sa confiance. Celui-ci, moyennant une faible: rétribution, se charge de percevoir ou de contrôler les épices; perception et contrôle cela va sans dire, S’exécutent toujours selon les vues de la Cour.

En second lieu, il y a tout un personnel auxiliaire qui gravite dans le Palais et constitue pour le Parlement des collaborateurs indispensables ; nous voulons parler du concierge du palais, du concierge de la prison, de l’exécuteur de haute justice, du médecin de la prison et de l’imprimeurï de la cour.

Le concierge du palais semble avoir des attributions multiples. IT est chargé d’abord de la garde du palais et de tout son mobilier”, de l'entretien et de l’approvisionnement de la buvette *, de l’achat des chandelles, du bois et autres accessoires connus sous le nom de «menues nécessités». Il effectue ces achats au moyen de mandats délivrés par le boursier de la compagnie et qui sont pris, le plus souvent, sur les amendes infligées par la cour. Le concierge est nommé

1 Reg. délib., 1°’ juin 1703.

2 » 14 mars 1711, 2 décembre 1724.

3 Voir Arch. Palais de Justice, Comptes du boursier 1700-1788. 4 Reg. délib., 14 juin 1590.

par la grand’chambre qui lui fait prêter sermentt, La compagnie accorde souvent la survivance à son fils ? et nomme même quelquefois la femme du concierge défunt Spour le remplacer.

Le concierge de la prison ou géôlier est nommé lui aussi par la cour. Il a pour mission de garder les prisonniers et de pourvoir à leur nourriture ; les ordonnances réglementent minutieusement ses fonctions. Les geôliers ne s’acquittent pas toujours de leurs devoirs avec soin; il leur arrive de prendre la place de ceux qu’ils sont chargés de garder.Les évasions,fort nombreuses,sont dues bien souvent à leur complaisance intéressée autant qu’au mauvais état des locaux5. Is n’exercent qu’une surveillance insuffisante, s'absentant parfois trois jours de suite’, laissant entrer tout le monde, même avec des armes f; ils vont jusqu’à autoriser certains prisonniers à circuler en ville sans l'agrément de la compagnie *.Les descentes fréquentes ordonnées par la cour, en plus des quatre visites annuelles que doivent faire les commissaires de la compagnie, ne parviennent pas à faire régner l’ordre et la propreté‘?.

L'’exécuteur de haute justice est celui qui est chargé d’exécuter les arrêts de la cour pour les châtiments corporels, tels que la question, pendaïison, etc. Il doit brûler aussi,sur l'escalier du palais, les écrits qui ne sont pas orthodoxes.

- ! Reg. délib, 26 Juin 1688.

2 » 21 mai 1764.

3 » 15 juin 1763.

è » 7 févr. 1760.

# Ordon. de 1670. Voir Barrieue D£ MonrvaLLon : Op. cil., 197-198.

6 Reg. délib., 9 juillet 1706, 13 août 1708, 8 mars 1723, 8 oct. 1746, 5 janvier 1757, 18 juin 1760, 25 juin 1784.

7 Reg, délib., 9 juillet 1706.

8 » 8 oct. 1746,

9, » 24 mai 1625.

10 » 18 juin 1760,

C'est la chambre Tcurnelle qui le nomme. La cour semble avoir éprouvé quelques difficultés dans le recrutement de ses bourreaux et tous ne sont pas d’une moralité irréprochable", Ils ne jouissent pas d’une grande considération ;. nous voyons l’un d'eux venir demander à la cour la permission de se marier avec une femme détenue pour infanticide, pas une jeune fille honnête des environs ne voulant de lui pour époux ?.

Le médecin-chirurgien de la prison est nommé à la requête du procureur général® par la cour qui accorde parfois des survivances!. Sa fonction consiste à surveiller l’état sanitaire des prisonniers.

L’imprimeur de la cour a le privilège d'imprimer seul tous les documents que la cour veut livrer à la publicité. I! est choisi par la compagnie, qui donne mandat aux commissaires de passer contrat avec l’élu 5. S'il ne satisfait pas aux exigences de la cour, celle-ci peut résilier le contrat et le destituer sans formalité.

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