V. — Funéreilles et Services funèbres
La compagnie tient à donner beaucoup d'éclat aux funéfailles de ses officiers. Les juges souverains de Provence ne peuvent être enterrés comme de simples mortels, Cette
1 Reg. délib,, 2 avril 1647, 15 juin 1655.
2 » 33 juin 3777 ; Roger : Un prince du sang 4 Aire
AU xVIIT* SIÈCLE 199 préoccupation va si loin que la cour ne consent à ce que « Messieurs » soient conduits sans cérémonie à leur dernière demeure que s’ils le demandent expressément et par écrit . Nombreux sont les magistrats qui se dérobent à ces honneurs, non pas par modestie, mais plutôt pour éviter à leurs héritiers le paiement des sommes considérables que coûtent ces obsèques solennelles ?.
Au début, ce sont les magistrats qui viennent annoncer au Parlement le trépas d’un des leurs * ; au XvIrr* siècle, deux avocats envoyés par la famille ont ce privilège“; ces mandataires demandent aussi à la cour de vouloir bien fixer l'heure des obsèques *. Après avoir délibéré sur ce point, la compagnie * désigne deux conseillers de la chambre où le magistrat est de service et un de chaque chambre pour aller donner l’eau bénite au corps et présenter à la famille les condoléances de la Cour. La délégation se fait annoncer par un huissier ; dès que celui-ci est de retour, elle se dirige vers la maison mortuaire. Les usages veulent que la famille la reçoive sur le vestibule et la conduise dans l’appar: tement où repose la dépouille du défunt.
Tel est le cérémonial pour tous; il y a suivant la dignité du mort des particularités que nous allons examiner.
a) Les funérailles du Premier Président. — Pour lui, la délégation comprend les présidents à mortier, Six conseil: lers et un officier du parquet. Nous n’avons pu retrouver la relation officielle des obsèques d’un premier président ;il est probable que les trois premiers présidents qui dirigent, au XVIII siècle, la compagnie provençale demandent tous à
1 Reg. délib., 22 avril 1698, Conf. Cabasse : Op. cit., tt. 111, 102-105, 2 > 2 juin 1710.
É 16 nov. 1671.
26 févr, 1710,
17 avril 1690,
12 janv, 1712,
nm AVES
être enterrés sans pompe. Nous le savons positivement pour le premier président Lebret; cette prière n’est pas.exaucée sans récriminations par le Parlement qui ne veut pas «que ser chef soit inhumé comme un simple particulier ».
Quelques jours après le décès, la Cour assiste, en robe noire, à un service funèbre qu’elle fait célébrer pour Île repos de l’Ââme de son chef. Après l'Evangile, un prédicateur pro nsnce l’oraison funèbre du mort. À l'issue de la messe, les magistrats donnent l’eau bénite au catafalque sur lequel reposent la robe rouge, le manteau d’hermine et le mortier du défunt”. En outre leur inhumation est entourée des mêmes honneurs que celle des présidents à mortier.
b) Funérailles des présidents à mortier et du doyen*. — Le jour des obsèques, la compagnie se rend à la maison où elle est reçue par les parents rangés sur Île perron.Ceuxci la conduisent vers la chapelle mortuaire. Le défunt, revêtu de sa robe rouge,son mortier sur la poitrine,est couché dans son cercueil, les mains jointes, la tête appuyée sur un volume du digeste et les pieds reposant sur le code. Dès que Messieurs ont (fait à la famille les compliments d'usage, le convoi se met en marche; les magistrats viennent immédiatement derrière le corps avant les parents comme si les liens de confraternité qui les unissent au défunt sont plus puissants que les liens de parenté. Le cortège s'arrête sur le perron du palais, où l’on chante le De Profundis, puis on prend le chemin de l’église St-Sauveur pour la cèrémonie de l’absoute.
c) Funérailles des conseillers et gens du voi. — Pour eux, la compagnie ne donne que douze torches de cire jaune, aux armes du roi, alors qu’elle en donne vingt-quatre pour
1 Reg, délib.; 26 févr. 1770.
2 » 3 Mars 1710.
3 » 30 mars 1712