VI. —. Rang de la Compagnie aux Cérémonies publiques
Le Parlement est de beaucoup la compagnie là plus puissante de la Provencé; il n’y a guère que la cour des comp-
41 Reg. délib., 16 déc. 1678, 7 janv. 1709, 14 mars 1711, 2 » 15 mai 1711.
3 mi 1°” juin 1711; 3, 4,5 déc. 1%05:
4 > ibidem et 9 avril 1712,
tes qui puisse rivaliser avec lui; elle ne s’en fait pas faute et pendant trois siècles les registres retentissent des discussions et parfois même des batailles des deux assemblées rivales. Nous n’avons pas l'intention d'exposer les phases de cette lutte’; nous voulons seulement fixer, à l’époque que nous envisageons,la place exacte de chacune d’elles. Elle est réglée par un arrêt du conseil d'Etat rendu à St-Germain-en-Laye, le 8 février 1666°. « Aux enterrements et aux funérailles, les officiers du Parlement ont la première place et la conduite du deuil, fors et excepté en celles des père, mère, enfants, frères, sœurs, oncles, tantes, neveux et cousins germains ou consanguins desdits officiers de la dite chambres des comptes et cour des aydes; à moins que les personnes décédées ne fussent au même degré, ou plus proche parent de l’un des officiers dudit Parlement ; auquel cas les officiers dudit Parlement auront la séance et la conduite »°.
Les uns et les autres assistent, dans les églises d'Aix, aux offices les jours de fête ; les uns et les autres doivent être en robe rougé; la cour des comptes à gauche du chœur, le Parlement à droite. Les haines sont si vives entre les deux compagnies, que le roi juge à propos de ne pas les faire rencontrer aux processions et il donne à chacune d’elles un règlement précis. C’est ainsi que, à partir du dimanche des Rameaux jusqu'à Pâques, les officiers de, comptes assistent aux offices à l’église de la Madeleine et à celles des Grands Augustins et Observantins où les officiers du Parlement ne peuvent venir les rejoindre. Pour
1 Pour le faire, le cadre d’un ouvrage comme celui-ci n’y suffirait pas; on peit s'en rendre compte en voyant aux archives le « sac des démélés de la cour des comptes et du Parlement ». Voir CaBasse : Histoire du Parlement de Provence.