‹ Le Parlement de Provence au XVIIIe siècle: Organisation – ProcédureChapitre 25 sur 45 · BONIFACE · texte numérisé non relu

BONIFACE

$ Arrêt du 8 févr, 1666, art, vir,

les autres jours de fête, « lesdits officiers de l’une et l’autre compagnie s’abstiennent d’assister aux processions et cérémonies qui se feront esdites églises, tant dedans que dehors la ville, fors et excepté en ladite église métropolitaine de Saint-Sauveur en laquelle lesdits officiers du Parlement pourraient assister seuls aux processions et cérémonies aui s’y feront en tous les jours de l’année »1.

La Compagnie doit se trouver à un certain nombre de cérémonies religieuses ; c’est ainsi qu’elle va, en robe noire, aux offices de la semaine sainte, à « la bénédiction de la palme » le jour des Rameaux, à la grand’messe du mercredi saint, à l’office du soir le jeudi saint, à l’adoration de la Croix le vendredi saint, à la grand’messe et à l’office du soir le samedi saint. Pendant tout le Carême, la compagnie assiste au sermon : nous kvons vu que les heures d’audience sont changées pour lui permettre de remplir cette obligation. Le sermon est fait par un prédicateur aux gages des officiers, qui lui donnent 300 livres. La cour prend place dans un banc élevé muni d’un accoudoir orné d’un tapis bleu semé de fleurs de lys et gardé à chaque extrémité par un archer. Le prédicateur doit s'adresser spécialement à la compagnie et commencer son discours par le mot « messeigneurs », sauf le jour du Vendredi Saint”, Les familles des officiers ont en outre le droit d’assister à ces cérémonies et dés bancs sont réservés à chacune d’elles. Les titulaires de charge jouissent seuls de ce privilège, les magistrats honoraires n’ont pas cette faveur’. Pour Pa: ques, Pentecôte, Toussaint et Noël, les officiers du Parlement figurent à la grand’messe en robe rouge‘. Pour Pen-

1 Ibidem, art. vi.

2 10 mars 1677, 2 mars 1707, 26 avril 1713, 24 février 1777+ 3 Reg, délib.; mars 1707.

4 Moissac? manuüscrit 957, p, 30-31,

tecôte encore,la compagnie assiste en robe rouge aux vépres célébrées à l’église St-Sauveur !.

Te Deum. — Il est naturel que la présence du corps le plus puissant de la Provence soit nécessaire à certaines cérémonies destinées à commémorer les évènements heureux qui arrivent en France; nous voulons parler des Te Deum, cérémonies spéciales ordonnées pour remercier Dieu d’avoir donné la victoire aux armées, ou encore d’avoir accordé un fils au roi’. C’est généralement sur injonction du souverain qu'ont lieu ces fêtes. L’ordre en peut être adressé soit au Parlement soit à l'archevêque; mais, dans les deux cas, c’est à la cour qu’il appartient de désigner le jour de la cérémonie et de régler,dans ses moindres détails,le programme de la solennité.

Si l'archevêque est le premier informé des ordres du roi, il doit envoyer son promoteur pour aviser la Compagnie *. Aussitôt après, la cour mande les consuls et leur ordonne « de donner Les Marques accoutumées de réjouissances #, de faire balayer les rues, fermer les boutiques et mettre des tapis ou des draps aux fenêtres » 5,

Au jour dit, Messieurs s’assemblent au palais en robe rouge et se dirigent vers St-Sauveur précédés de la maréchaussée, des huissiers et suivis des Trésoriers de France. Quand la compagnie arrive à l’église, la maréchaussée s’arrête à la grille du chœur et forme la haie en attendant, le : mousqueton levé, que la cour ait défilé.Elle se place, comme nous l’avons vu, dans les stalles de droitef. Après la céré- 4 Reg. détib., 7 juit1750.

2 » 16 et 17 sépt. 1712, 18 sept. 1720.

3 Reg. délib., 28 mars 1694, 26 mars 1707, 7 mai 1752, o déc, 1724, 1° mars 1727, 18 sept. 1729, 27 avril1745, 26 mai 1751, 18 mai 1759, 25 mai 1770, 22 déc: 1776.

4 Reg. délib., 18 sept. 1729.

$ 19 janv. 1720, 12 janv. 1748, 23 et 26 avril 1759; 27 juin 1764, 12 nov. 1778 6 Moissac, manuscrit 957; Pe 32-33,

monie elle revient au . en observant le même cérémo: nial.

Processions. — La Compagnie prend part annuellement à quatre processions. Pour elles, commes pour les autres cérémonies, il a fallu déterminer celles où la cour des comptes, aides et finances aurait le droit de figurer privativement au Parlement. Ce dernier assiste aux processions de St-Sébastien, des Rogations, de la Fête-Dieu et du 15 août. La Cour des Comptes va à celles de la petite Fête-Dieu, ge St- Louis et de St-Mitre.

Lorsque Île Pape « accorde un jubilé » 1, la procession d'ouverture est réservée au Parlement et celle de fermeture à la cour des comptes *?,

a) Procession de St-Sébastien.—Elle est établie en 1470 par le Roi René pour remercier Dieu d’avoir délivré la ville de la peste. La cour, paraît-il, n’y assiste que depuis 1650:

Avant la cérémonie, le prévôt, le premier huissier'et une partie de la maréchaussée vont prendre à domicile le premier président pour le conduire au palais.Les archers,commandés par un officier, marchent devant lui le mousqueion levé; immédiatement après viennent le premier huissier puis le premier président suivi de quatre archers et de valets destinés à relever sa robe ; il a à sa droite le prévôt, à sa gauche un officier de la maréchaussée. La compagnie attend au palais que le bedeau de St-Sauveur vienne lui dire que tout est prêt pour la cérémonie. Dès qu’elle a reçu ce message, la cour s’ébranle, précédée des archers et des huissiers; Îes conseillers sont rangés deux par deux,suivant l’'ordre de leur réception ; ils sont suivis par les gens du roi, par les greffiers et par deux huissiers qui ferment la marche.

41 Reg. délib., 2 juin 1690.

? Arrêt du Conseil d'Etat, 30 ‘nov. 1683; BarriGuE DE MontvaLon : Op.

cil., p.92:

Pour & rendre à l’église St-Sauveur, la compagnie suit la rue des Trois-Ormeaux et la rue Littera ;elle entre par ‘a grand’porte, qui doit être ouverte à deux battants, pendant que les cloches sonnent à toute volée it que les orgues juuent une marche triomphale. Au fur et à mesure que la Cour passe devant les stalles occupées par les chanoines ceux-ci doivent saluer. Ce salut, l’Archevêque aussi doit le faire, en même temps qu’il donne aux magistrats souverains sa bénédiction. La compagnie à cette occasion habille 23 pauvres à ses frais. |

b) Procession des Rogations. — Elle a lieu la veille de l’Ascension pour appeler les bénédictions du ciel sur les fruits de la terre. La compagnie y assiste en corps mais en robe noire et chaque officier se rend individuellement à St- Sauveur. Tous les membres de la cour qui y assistent ont droit à un cierge d’une livre’.

c) Procession de la Fête-Dieu. — La Compagnie s’assemble au palais, en robe rouge à 10 heures du matin. Elle se rend à St-Sauveur précédée de la basoche avec le cérémonial habituel.

d) Procession du 15 août. — Les registres sont muets sur elle, nous savons seulement que la cour y assiste en robe

rouge.

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