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fluence politique du Parlement ne s'établit donc que progressivement, et à mesure que l'administration du royaume devenait plus régulière et plus compliquée. Avant Louis XI, il n'avait pas l'importance qu'il acquit alors, et qui s'accrut ensuite. Même sous Charles VII, où le gouvernement et l'administration commencèrent à suivre une marche mieux ordonnée, le Parlement ne fut pas associé à la salutaire action de l'autorité royale et des États généraux.
Pendant le règne suivant, le Roi se servit souvent du Parlement , notamment dans ses relations avec la cour de Rome. Les cours de justice étaient aussi le meilleur instrument à employer pour réduire à l'obéissance et à la soumission les seigneurs féodaux; c'est ce que remarquait avec éloge Machiavel, vingt ans après la mort de Louis XI. — « Il établit, dit-il, un « tiers juge qui, sans que le Roi en eût la responsabi- « lité, abattit les grands et vint en aide aux petits. »
C'est alors que l'inamovibilité fut accordée au Parlement : le Roi avait intérêt à lui donner un caractère d'indépendance, qui permettait à son autorité personnelle de ne point paraître responsable. Il résulta que quelquefois il en fut contrarié ; mais au total le pouvoir royal y trouva son avantage, et la nation aussi.
Pendant la prison de François I", le Parlement de Paris devint même un véritable conseil de gouvernement; il prit des mesures pour la défense du royaume.
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nomma Guillaume do Montmorency commandant do la milice et reçut son serment. Madame, mère du Roi, lui rendait compte des ordres qu'elle donnait. — Les conditions auxquelles le Roi consentait pour obtenir sa délivrance furent discutées au Parlement, et des paroles de blâme furent prononcées. Son autorité royale fut contestée; sa volonté n'était point considérée comme libre et réelle , puisqu'il était en captivité.
Ainsi le règne de François Y% et par suite le règne de Henri II, contribuèrent à augmenter l'importance du Parlement. Les magistrats, qui le composaient, acquirent aussi une position sociale plus aristocratique; ils jouissaient d'une grande considération, méritée par leur talent ou leur caractère.
Comme les relations d'État à État comportaient des discussions de droit et des négociations, les rois y employaient des hommes doctes , habiles , exercés aux affaires. L'administration intérieure était devenue plus régulière et plus compliquée; elle avait plus de ménagements pour les peuples; de sorte que les ambassadeurs , les chanceliers , les minisires étaient le plus souvent choisis dans la magistrature.
L'embarras des finances avait suggéré au gouvernement, comme ressource fiscale, la vénalité des offices. Les charges parlementaires, déjà inamovibles, prirent ainsi le caractère de la propriété. Avant même que l'hérédité devînt aussi un droit, acquis à prix d'argent,
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elle existait en fait comme conséquence de la vénalité. Ainsi se forma l'aristocratie du Tiers État. Elle se trouva même plus employée aux affaires publiques, que l'aristocratie féodale, qui restait exclusivement militaire, et qui d'ailleurs n'avait jamais usé de sa supériorité et de son indépendance que pour ses intérêts propres, non pas même pour l'intérêt collectif de la noblesse.
Au contraire, l'esprit parlementaire se préoccupait des intérêts généraux, de l'ordre public, de l'observation des lois. Une autre circonstance contribuait à donner aux magistrats le courage de leur opinion et le talent de la défendre. Pendant le seizième siècle, le Parlement se recruta parmi l'ordre des avocats. L'aristocratie des magistrats ne dérogeait point en se mêlant au barreau ; les fils des plus nobles familles exerçaient cette profession avant de succéder à leurs pères. Ainsi était contractée l'habitude de défendre , en toute liberté, et comme accomplissement d'un devoir, la cause confiée par le client.
C'est ainsi que le Parlement avait, de règne en règne, élevé sa position. Il était devenu un grand corps dans l'État'; si on pouvait lui contester des attributions politiques, il fallait du moins lui reconnaître un réel pouvoir sur l'opinion. Le barreau, les tribunaux inférieurs, les officiers ministériels formaient autour de lui un monde, dont il était le centre.