‹ Le parlement et la Fronde. La vie de Mathieu Molé. Notices sur Édouard Molé ... et M. le comte MoléChapitre 4 sur 13 · PRÉFACE. ] IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. ] IX

elle eiistait en fait comme conséquence de la vénalité. Ainsi se fonna Taristocratie du Tiers État. Elle se trouva même plus employée aux affaires publiques, que l'aristocratie féodale, qui restait exclusivement militaire, et qui d'ailleurs n'avait jamais usé de sa supériorité et de son indépendance que pour ses intérêts 'propres, non pas même pour Vintérét collectif de la noblesse.

Au contraire, l'esprit parlementaire se préoccupait des intérêts généraux, de l'ordre public, de l'observation des lois. Une autre circonstance contribuait à donner aux magistrats le courage de leur opinion et le talent de la défendre. Pendant le seizième siècle, le Parlement se recruta parmi l'ordre des avocats. L'aristocratie des magistrats ne dérogeait point en se mêlant au barreau ; les fils des plus nobles familles exerçaient cette profession avant de succéder à leurs pères. Ainsi était contractée l'habitude de défendre , en toute liberté, et comme accomplissement d'un devoir, la cause confiée par le client.

C'est ainsi que le Parlement avait, de règne en règne, élevé sa position. Il était devenu un grand corps dans l'Étatl; si on pouvait lui contester, des attributions politiques, il fallait du moins lui reconnaître un réel pouvoir sur l'opinion. Le barreau, les tribunaux inférieurs, les officiers ministériels formaient autour de lui un monde, dont il était le centre.

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