‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 112 sur 144 · Breunot, II · texte numérisé non relu

Breunot, II

6. Breunot, II, 493 (note de Gaknieu). — Arch. man. de Dijon, B a3a, t' a'tg.

7. La victoire de la Mairie aux dépens du Parlement lui attira une telle

démarches auprès du Prince et du Vicomte n'avait certes pas rétabli son prestige. Le Vicomte entre maintenant au Palais Tépée au côté ', et de jour en jour son insolence grandit : dans ses instances pour faire recevoir les ligueurs* pourvus d'oflices de conseillers, alors que la Cour palliait son refus par des retards successifs, aussi bien que dans ses efforts pour faire payer aux magistrats la solde des garnisons ', il insulte et menace sans plus se contraindre ni déguiser ses sentiments. La Cour n'était presque plus rien ; le découragement paralysait les magistrats ; mais le dégoût subsistait de plus en plus vivace, et au fond des cœurs l'espérance et le courage renaissaient à la vue de l'agonie de l'Union.

La Ligue se mourait, en effet. Depuis la réduction de Paris, les redditions et capitulations de places se succédaient sans interruption : les villes du Nord. Amiens, Abbé ville, Laon, Beauvais, qui avaient toujours si fidèlement servi l'Union, s'étaient rendues*. La Ligue ressemblait à « une corneille déplumée ))\ La France presque entière reconnaissait Henri IV : partout l'Union était abandonnée. Les Parlements ligueurs eux-mêmes s'étaient presque tous convertis : le Parlement d'Aix', le premier, avait ratifié la soumission de la Provence à Henri IV; le Parlement de Paris était rétabli, après un arrêt violent contre Mayenne et les Espagnols. Cette attitude des Parlements de France n'était pas sans influence sur la Cour dijonnaise. Ainsi, la France était au roi, et la Bourgogne, oflîciellement du moins, restait ligueuse. Mais, là, ce n'était qu'une apparence, et le parti royaliste s'était accru au point que la réduction de la Bourgogne n'était plus

rancune de la part de la Cour que celle-ci alla jusqu'à ne pas casser l'arrêt de Semur ordonnant de poursuivre les juges de La Verne (Bheunot, II, 3-7. — Mailly, op. cit., p. 3;).

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