‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 12 sur 144 · Corresp., II, p. io4, en note · texte numérisé non relu

Corresp., II, p. io4, en note

4 ITn texte même semble démontrer qu'Isaac Bretagne était huguenot. — En ellet, lorsque, après sa mort, le président de Monlholon, beau-frere de Bretagne, demanda pour sa sœur la permission de rentrer à Dijou, le maire lui objecta qu'elle professait la religion réformée et Montliolon répondit que « depuis la mort de son mari elle avoit quité sa religion, abjure icelle et fait profession de la catholique». (Arch. man. de Dijon, ti a-jg,

5. La Cuisine, flistoire du Parlement de Bouri-ognc, II, cli. VI, 12a.

positivement qu'ils « professaient » la religion réformée, mais, si même ils ne « prol'essaient » plus, ils pouvaient nouri'ir une sympathie secrète pour les adeptes de la nouvellelbi, sympathie qui les porta à embrasser nettement le parti royaliste contre la Ligue.

En ellet, dès le 3o décembre i588, les Bretagne sont mêlés à une échaudburée royaliste : après que parvint à Dijon la nouvelle de l'assassinat du duc de Guise, Baillet de Vaugrenant, un parlementaire aussi', essaya d'un coup de main sur la ville avec l'appui concerté de Guillaume de Saulx-Tavanes, qui venait d'arriver à Ahuy et devait s'emparer d'une des portes ; le vicomte mayeur fit échouer le complot en refusant l'entrée aux hommes d'armes, « malgré l'insistance des conseillers Bretagne aîné, Colard, Quarré et Bretagne jeune, qui étaient de garde à la porte. » (i'*' janv. lôHg.)^ Pareille insistance est significative. Nous voyons dès l'abord les Bretagne agissant en royalistes déterminés et en même temps nous trouvons leurs noms associés à ceux de Colard et Quarré. Jamais pourtant ceux-ci ni leurs familles n'avaient été suspects d'hérésie : c'est qu'à côté de ce petit groupe de i'03'alistes, plus ou moins favorables à la Réforme, tels les Bretagne, il existait un autre groupe de magistrats, qui, tout en restant fermement attachés à la religion romaine, reconnaissaient les droits de la royauté, et par loyalisme, jugeaient coupable l'agitation ligueuse.

Hostiles aux Guise et à Mayenne, ceux-ci avaient eu à souffrir déjà de la haine que leur gardaient les chefs ligueurs. En juillet i588, un complot s'était formé contre Mayenne : l'allairc découverte, Mayenne arrêta ses soupçons sur le conseiller P. Odebert et le lit emprisonner '. Mais Odebert n'était pas isolé. Au début de janvier 1689,

1. Ilélail président aux rcquclt-s du Palais. Cf. sur ce personnage le travail de Galmiciik.

2. Baudouin, llistnire du Protcslanlisme et de la Ligue en Bourgogne, II, 350 et suiv. — Corrcsp.. IF, prèlacc, p. xxiv.

3. Jieg. du Parlement, iil, 23i : 26 juillet. — Cf. Jacotot, Histoire du Parlement de Bourgogne, p. 206, cl Arch. inun. de Dijon, B 226, 1"' 25, 29, 49.

ce petit groupe parlementaire commençait ses menées : le [>r(''si(lcnt Jeannin ccrit en ofFct. île Montargis, le '5i janvier, à Fervaques, lieutenant général pour la Ligue en Bourgogne', que le président Fremyot' est auprès du roi' et promet « de faire un remuement de la ville de Dijon '. » Fremyot est en clTet le type, sinon le chef, de ce parti catholique royaliste qui s'alTirme parmi les Parlementaires. D'un caractère énergique et fortement trempé, le président Bénigne Fremyot était un homme de principes. Sa loi engagée, un serment de fidélité prêté, il restait inébranlable, se donnant pour toujours ; liomme de devoir avant tout, il préférait sacrifier ses biens, sa vie, ses affections paternelles, à la cause de son roi % quel qu'il fût, plutôt que de trahir son serment. Sa grande âme se refusait à toute compromission. Il ne cherchait ni la gloire ni les honneurs : sa modestie, son désintéressement ne se démentirent jamais, et il resta toujours ferme à l'égard du roi lui-même. « Aussi habile que Jeannin dans la science des négociations, non moins habile dans l'art de commander aux hommes " », administrateur ou diplomate, il

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