‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 138 sur 144 · IV" S · texte numérisé non relu

IV" S

Samedi 4 juillet 1592. — Bibliotkrgiw de Dijon, Fonds Saverul n- i,

Sur ce que M. le président Fx^emyot a proposé qu'il était expédient d'adviser à pourvoir aux allaii-es de la province, en laquelle le Duc de Nemours et les ennemis avaient délibéré d'entreprendre d'assiéger des places de l'obéissance du Roi ; après avoir esté délibéré, a été dit qu'il sera écrit au Roi pour luy représenter selon que cydevant a été lait par letti-es, fétat de la province et le péril où elle est par le moyen de trêves faites par ceux des pays voisins, comme aussy au sieur Duc de Nevers et au sieur de Tavannes. pour avoir le soin à la conservation de ce pays, et que promptement les Maire et Echevins seront mandez pour pourvoir aux fortillications nécessaires de la ville, pour visiter lesquelles M'^ Valon et Quarré ont esté députez.

Suivant quoy lesdits maire et echevins ont esté mandez et estant entrez en la cluuubre du conseil, M. (Claude Bretagne, maire: Pierre Fournier, éclievin, et Hugues Milletot, procureur syndic, après que M- le président Fremyot leur a particulièrement fait entendre la résolution prise par la Cour, et qu'ils eussent à promptement faire réparer les tours et dellenses de la ville et y travailler diligemment, ledit maire a dit qu'aucuns habitans avaient accusés quelques bâtiments estants sur les murailles et nonobstant quoy ont estez condanniez par divers jugements d'à-

battre ee qui nuisoit à la fortification de la ville, ils n'y ont voulu entendre ny satisfaire qu'ils ne désiroient rien plus que d'y apporter tout le soin et diligence qui est requise pour la conservation de la ville.

Du lundy 6 juillet.

M"^' Vallon et Quarré ayant fait rapport de la Visitation par eux faite des murailles et tours de la ville de Semeur, a été arresté que par lesd. sieurs Vallon et Quarré à ce commis et députez, les détenteurs d'aucunes tours de ladite ville présents ou appeliez, sei-a pourvu à ce qu'ils adviseront estre nécessaire pour la fortification d'icelle en présence des maire, échevins et syndics, nonobstant opposition en appellations quelconcjues, et sans jjréjudice d'icelles pour lesquelles ne sera diflcré.

8 mai 1593. — Bibliothèque Nationale, Fonds français, n- 3ti46, 1° uo.

Monseigneur, Ayant trouvé la commodité du sieur Regnault s'en allant passer à Nevers, j'ay pensé que je fauldrois à mon devoir et au très humble service que vous ay voué, si je le laissois passer sans vous supplier très humblement comme je faiclz me continuer l'honneur de voz bonnes grâces et me tenir tousjours pour vostre très liumble et obeyssant serviteur. J'ay faict entendre au Roy le subject de mon voyage et le discours que je vous feis, monseigneur, quant j'heus cet honneur de vous veoir à Bray, Sa Majesté a faict démonstration de l'avoir agréable. Mais par cela je n'ay pas treuvé qu'elle ayt embrassé celte negotiation ny aydé aux moiens que le subject sembloit requérir. Cela me garde de m'y rendre importun et me suis contante de presser Sa Majesté pour nous secoulir en la pi'ovince et y envoyer monseigneur le conte de S' Pol, suivant les espérances qui nous en avoient esté données. Mais outre les longueurs, il s'y est treuvé tant de dilliculté que je crains fort que iu)stre nécessité et impuissan((! nous fasse perdre ce bien. J'en ay conféré avec ledit s' Uegnault, lequel j'ay prié vous représenter les moiens et ouvertures que je luy ay faictes sur ce. voussup- [iliant très humblement, monseigneur, avoir agréable le rapport ([u'il vous en fera, et preiulre de bonne part mon

afTection qui ne tend qu'au sorviro du Roy et au bien et repos de la province, de laquelle je prévois la i-uyne, si les remèdes que j'ay dietz audit Renault ny sont apportés. Excusez moy, monseigneur, si en cecy je suis trop libre. L'honneur "que me faicles me tenir jjour voslre très humble serviteur et laflection (pie je scay qu'avez non scuUement au salut général de l'Eslat. mais au bien paiticullier de nostre Rourgogne me donne cette hardiesse, que j'accompagneray de l'humble prière que je vous faictz, monseigneur, qu'il vous plaise m'honorer de voz comraandementz en ce où vous me jugerés capable de vous rendre très humble service, et je le leray avec autant de fidélité et d'affection que je supplye Dieu (bjnner à à vous,

Monseigneur, la parfaicte santé très heureuse et très longue vie. De Mante ce vin" may i5()3

Vostre très humble et plus obéissant serviteur

FllEMYOT.

{Adresse an dos] Monseigneur, Monseigneur le duc de Nivernois et de Retheloys. pair de P'rance.

12 juin 1593. — Ribliothcque Xationnlc, Fonds rpant;ais, n» 364(i. f' 102.

Monsieur, puisqu'il vous a pieu faire ce bien à ceste province de luy promettre par voz lettres toute assistance et secours suivant la volonté (bi Roy, il ne s<> peult pi-esenter occasion plus propice à le l'aire paroisti-e que à présent que le prince de Mayenne est en campaigne avec les forces de ceste province et aultres qu'il attent de C>hampagne avec mil suysses en délibération d'attaquer ceste ville qui est la principalle de celles qui sont en l'obéissance de Sa Majesté. S'il vous plaisait, Monsieur, vous approcher de nous et apeller tous les serviteurs du Roy de ceste province, vous dissiperiés facillement tous leurs desseins qui sont principallement fondez sur noz divisions. Nous vous en suplions de telle affection que nous prions Dieu,

Monsieur, qu'il vous donne la pai-Iaicle santé très heureuse et très longue vye. De Semur en Auxois ce xir juin

Voz bien humbles et affectionnez les gens tenans la cour de Parlement de Rourgongne à Semeur,

MoucnoT.

[Adresse au clos] Monsieur. i\Ionsieur le duc de Xevers. pair de France, gouvernoui" et lieutenant général pour le Roy en ses pays de Ghampaigne et Brye.

14 septembre 1593. — Anliivrs de la Cole-d'Or, C. 2(j88, f° 33.

Heni-y à nos amez et leaulx les trésoriers généraulx de France de Bour^^ong^ne translVérés à Semur ; Nostre ami et féal conseilier en nostre court de parlement de Bouri^ongne Maistre Bénigne Tisserand nous a faict remonstrer, que. incontinant après la mort du sieur duc de Guise et tout au commancement de ces troubles, il se retira hors la \ille de Dijon pour ne demourer en la puissance de noz ennemis rebelles et depuis s'est tousjours employé es choses importans à nostre service ; niesme à la négotiation cju'il fîst dès le commancement de ses troubles pour la réduction de la ville et citadelle de Ghalons, ayant mesme empruncté des deniers, et en y ayant four[n]y des siens, aussy pour partye de la somme promisse pour ladicte cappitulation, pour laquelle achever, il a esté contrainct demourer tousjours près ladicte ville de Ghalons, jusques à Tarivée de nostre très cher et très amé cousin le sieur mareschal d'Aumont. après larivée duquel la perfidie de celuy qui commandoict en ladicte place ayant esté découverte, il se seroit retiré en nostre court de parlement lors séant à Flavigny. pour nous rendre le service quil nous doibt en l'exercice de sa charge de conseiller, auquel il a tousjours continué jusques à ])résent et encore que par Testât dressé en nostre conseil du payeur des gaiges des officiers dudict parlement, il ayt esté employé non seullement par les gaiges de la présente anné, ains pour tous ceulx qui luy pouvoient estre deubx dès le commancement de ses troubles, toutesfois craignant que lisiez difficulté de luy faire payer sesdictz gaiges du temps précédant son antrée audict parlement, il nous a supplié humblement de pourvoir : pour ce est-il que nous, ce que dessus considéré, ([ue ledict Tisserand estant sorty des premiers hors ladicte ville de Dijon et n'ayant retardé de se rendre en nostredicle court de parlement sinon pour l'intention et désir qu'il avoit de seini»loier à ladicte négotiation, comme de faict pour y parvenii- il a fourny de ses deniers (pu est ung service signalé (jui nous est aultant

agréable que celluy qui nous eust peu faire audict parle mont, aussy en considération de ce qu'il est entré en l'exercice de sa charge, sans aucune difliculté, nous voulions, mandons que suyvant ledit estai dont la coppye en est cy attaché soubz noslre contre-scel, vous fasiez par nostre recep[v]eur payeur des gaiges de nostredicte court, paier ledict Tisserand desdictz gaiges qui luy peuvent estre deuz dès le commancement de ces présens troubles, concuramment avec les aultres oUiciers de nostredicte court, et tous ainsy et en la mesme l'orme et sur la mesme nature de deniers qui seront payez, et rapportant ses présentes Lettres ou coppie d'icelles dheument collationnée avec les quittances dudict Tisserand sur ce sufi sentes, vouloir ce que par ledict recepveur aura esté pour ce })ayé et délivré, estre passé et alloué en la despense de ses Comptes par les gens de Noz Comptes auxquelz mandons ainsy le l'aire sans difliculté, nonobstant touttes Lettres, defences et choses à ce contraire. Car tel est nostre plaisir. Donné à Fontainebleau lexiiii jour de septembre l'an de grâce mil V^ iiii'^'' et treize et de nostre règne le cinquiesme. Signé pour le Roy en son conseil Fayet et scellés du grand scel à simple queue de pai-chemin pamdent.

30 juin 1594. — Arcli. dép. de la Côte-d'Or, C. 456o.

Henry, par la grâce de Dieu Roy de P^rance et de Navarre, à noz amez et féaulx les gens des trois estatz de nostre pais et duché de Bourgongne et à nostre amé et féal conseiller et trésorier de nostre espargne M"" François Hotman salut. Ensuivant l'arrest dont l'extraict est cy attaché soubz le conlrescel de nostre chancellerie, Nous voulons, vous mandons et ordonnons que, des premiers deniers provenant des octroys qui nous seront l'aictz en la prochaine assemblée des estatz généraulx de nostre pais de Bourgongne et par [une demi ligne en blanc] vous faictes paier, bailler et délivrer comptant ou assignez par vostre mandement portant quittance nostre amé et féal conseiller en nostre court de parlement dudict Bourgongne, M' Estienne Milet. la somme de dix-neuf mil escuz sol, sçavoir douze mil escuz que nous luy avons ordonnez et ordonnons pour son paiement et remboursement de pareille somme pour laquelle nostre amé et féal conseiller et président en nostredicte court, M" Claude

Bourgeois et ledict Milet sont obligez pour le paiement qui auroit esté faict au sieur de Larthusie pour la réduction en nostre obéissance de la ville et citadelle de Chalon sur la Sône, et sept mil escuz accordez audit Milet })Our pareille somme qu'il a faict apparoir avoir esté contrainct de paier audict sieur de Larthusie qui l'auroit retenu prisonnier audict Chaalon i)our sa rançon et icelle somme empruntée à intérest par ledit Milet pour sortir de prison, ensemble luy laictes paier l'intérest d'iceulx sept mil escuz à la raison du denier douze, à commencer du jour de la constitution de ladicte rente jusques au parl'aict et entier remboursement desdicts VU'" escuz. Et en rapportant avec ledict arrest et quittance dudict Milet sur ce suffisante seulement, nous voulons ladicte somme de XIX"* escuz estre passée et alouée en la despence des comptes et rabattue de la recepte dudict [en blanc] par nos amez et féaulx conseillers les gens de noz Comptes, en Bourgongne, leur mandant ainsy le faire eans difficulté et, où le fondz desdicts octroys ne seroit suffisant pour parvenir à l'entier acquittement desdictes sommes, mandons et ordonnons à vous, gens des trois estatz, augmenter ledict octroy de ce qui se trouvera defl'aillir et imposer le tout ensemblement jusques à l'entier acquittement d'icelles sommes, laquelle imposition sera par vous faicte suivant l'ordre et ainsi qu'il est accoustumé faire en pareil cas, pour lesdicts deniers estre employés au paiement desdictes sommes et intéi^etz, sans qu'ilz puissent estre divertiz, employez ou assignez à aultre usage pour quelque cause et occasion que ce soit, ni en ce que dessus faire auscun reftuz ne difficulté ne attendre de nous aultres comandements. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le dernier jour de juing lan de grâce mil cinq cens qualité vingts quatorze et de nostre règne le cinquiesme. Par le Roy en son conseil, De Baulieu.

Arrêt du 5 juillet 1594. — Arch. mim. dr Dijon, Bg.

La Cour deument informée que le jour d'hier de relevée en la chambre du conseil de ceste ville de Dijon l'arrest donné le malin n'avoit esté recru avec l'honneur et respect qu'on debvoit et bien qu'il fust sain et salutaire pour le repos de cestedicte ville et de la province, a enjoinctet enjoinct aux viconte mayeur, eschevins et procureur syn-

die (le ladicte ville, de pourveoir en sorte que la liberté d'icelle ne soit ollensée ni oppi-imée, siir peine dtMi respondre eux el leur postérité. Kt où il se présentera cy après adaire d'imporlance pour le hicnel rectos de ladicle ville et province, ils en viendront consulter ladicle cour et prendre son advis et sera le présent arrest délivré audict procureur svndic pour le faire lyre et registrer en ladicle chambre de ville. Faict à Dijon en parlement, les chambres assemblées, le cinquiesnie de juillet mil v quatre vingtz quatorze.

GONIIEK.

19 juillet 1594. — Arch. miin. de Dijon, B 481, f* 149 /;i5.

Messieurs, nous croions que vous debvez estre aussy lassez et fatiguez de la guerre que nous, soit pour les incommoditez particulières que chacun en sent, que alTection générale du pauvre peuple qui crye et demande vengeance à Dieu des tortz qu'il reçoipt par la fureur et insolance laquelle de se peult appaiser que par son ordre. Néanmoins ou nous sommes stupides à ne santir noz maux ou refroidiz à y rechercher les remèdes salutaires ou bien nous attendons à regarder qui le premier en parlera, comme sy tailloit torner à lâcheté et faulle de courage de se vaincre soy-mesme pour surmonter des aultres et se perdre pour donner la vie à infinis de misérables que nous voions sans raison pillez, voliez, sacagés, brûliez et meudris à nostre veue. Mais quoy que 1 orî en puisse dire, nous tiendrons tousjours à grand honneur que soions auteurs et proxénètes du grand bien que la cessation des armes en ceste pi-ovince pourra apporter, pour ceste cause, nous sommes contantz de rompre la glace et subir les premières ennuys de la recherche des conseil/ propres pour le repos de ceste province. Enquoy sy vous estes disposez comme par raison nous vous del)vons persuader, nous vous prions d'embrasser avec nous cest allaire et en escrire à Monseigneur de Tavannes afin que le treuvant bon avec vous nous facions depputter soubz l'auctorité de Monseigneur le prince de Mayenne et de Monseigneur le Visconte telz personnages d'honneur en tel nombre et lieu que de voslre part adviserez avec ledict sieur de Tavannes pour ensemblement pourveoir au repos et tranquilité de ceste Bourgogne qui n'a plus (pie le souille. De nostre part nous en escrirons ausdicts sieurs prince et vieonte et essairons de

les y disposer, estiniaiis que. outre les forces quilz ont eu main, la raison Ireuvera telle place que s'il ne tient à vous le tout réussira à l'honneur de Dieu, soulagement d'un chacun et louange de noz (h'uz compagnées. Ce pendant, nous vous prions que durant les proparlemens que y pourront l'aire sur ce subject. que soiez intercesseurs que toutes courses, ravages et hostilitez cessent selon que de nostre part nous nous y interposerons vers lesdicts sieurs prince et viconte : vous nous manderez s'il vous plaist vostre volonté et attendant icelle nous prions Dieu qu'il vous conserve,

Messieurs, en sa protection et saincte garde. A Dijon ce xix^ jullet 1094.

Les gens tenans la cour de parlement, vos frères et bons amis.

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