Reg. du Parlement, III, 230. — Jacotot, op. cit., p
4. Voy. ces articles d'Union dans Loitciiitsky, Documents inédits pour servir d rhistoire de la Réforme et de la Ligue, p. 23o.
Ils sont reproduits dans Jacotot, op. cit., p. au et suiv., el dans les Reg. du Parlement, III, 270-71-72.
Desbarres, tleuxième président. L'un de ces articles nous intéresse parliculièrenient : « Jurons de conserver en son ancienne splendeur la Cour de Parlement et la Chambre des Comptes en cette ville de Dijon, selon la convention faite entre les prédécesseurs Rois et les Estatz, sans permettre quelles soyent transférées ailleurs ne que ce fasse chose au préjudice d'icellcs, ne qu'il y en aye aultres establies en ceste province, comme aussi tous aultres sièges et jurisdictions establies d'ancienneté es villes de ceste province qui entreront en la saincte unyon. » On jurait aussi d'obéir à Mayenne sans restrictions : « Jurons encore de nous rendre obéissans aux commandements de Monseigneur le duc du Maine gouverneur de cette province, et en son absence à M. de Fervaques, comte de Grancey, son lieutenant général, desquels nous ne nous séparerons jamais quelque mandement ou commandement qui puissent avenir de qui ce soit. » Après le serment du pi'emier président, les second, cinquième et sixième présidents, Desbarres, Bourgeois de Crespy, Nicolas de Montholon, et la plupart des conseillers jurèrent les mêmes articles entre les mains de Denis B rula rt>. Quelques magistrats cependant, entre autres Jeannin, refusèrent le serment.
Fervaques n'avait pas eu besoin de beaucoup d'efforts pour obtenir ce qu'il voulait de la Compagnie. 11 n'eut pas aussi facilement raison de la Chambre des Comptes, et ce n'est qu'après plusieurs ordres, répondant à autant de protestations, ce n'est même qu'en venant siéger au milieu d'eux, qu'il obtint des présidents et maîtres des comptes le serment d'Union, et encore ceux-ci ne manquèrent pas de consigner sur leurs registres qu'ils ne le prêtaient qu'à leurs corps défendant, pour sauver leurs vies et leurs biens ^. On voit combien leur attitude fut plus ferme que celle des Parlementaires.
I. Jacotot, op. cit., p. 211. Le procureur gi'niTal Picardet jura les ar les. (Jieg. du Parlement, III, a;2.) a. Baldol'i.v, op. cit., II, 3;;3-34- — tif. Arch. dcp. de la Côle-d'Or, B lo
L'évolution du Parlemont depuis la séance du 3i décembre jusqu'à colle du 23 mars n'est que la conséquence logique de la faiblesse, de l'indécision, en même temps que de la prudence excessive de la majorité des magistrats : le Parlement, peu à peu, avait été amené, par son manque d'énergie et, disons le mot, par sa lâcheté, à se ranger, dans cette fameuse séance du 23 mars, du côté du plus fort. et. sans grande conviction d'ailleurs, à devenir ligueur.
Mais les royalistes, ce petit groupe d'hommes énergiques, et plus volontaires, dont nous avons parlé tout au début, s'étaient vite lassés de cette lente glissade du Parlement vers la Ligue. Ils n'avaient pu A'oir sans colère les violences dont usait Mayenne à l'égard de la Cour dont ils étaient membres. Leur conduite passée, leurs opinions bien connues leur interdisaient de demeurer plus longtemps dans une ville ligueuse, et la suspicion dont ils étaient l'objet, les ennuis auxquels ils se voyaient en butte de la part d'une municipalité à qui Mayenne avait confié le soin de purger la Aille de tous les royalistes, tout leur rendait la vie intolérable. Là encore, la Chambre de Ville s'était bien acquittée de sa mission. Une véritable inquisition s'était établie : partout on recherchait « les suspects ». Les capitaines des paroisses en dressaient des listes, et la Chambre de Ville prenait contre chacun d'eux des mesures : emprisonnement, exil ou désarmement. Ainsi, le lo mars, la Mairie statue sur la liste présentée par le capitaine de la paroisse Notre-Dame ' : les armes d'Odebert, de Bénigne Fremyot, de Vaugrenant, absents,
I. Arch. mun. de Dijon, B iiô, f° i8i. — Les deux délibérations suivantes sont aussi significatives : le i3 février, à la nouvelle de la prise par les royalistes du château d'Eguilly (près Pouilly-en-Auxois),la Mairie ordonne aux habitants de prendre leurs armes, d'emprisonner ceux qui sont compris au rôle de Mayenne (liste du i6 janvier), et de s'informer des autres suspects (Ibid., B 226, f" 160). — Le 3 mars, à la nouvelle de la prise de Flavigny, la Ville décrète la saisie des biens des ennemis (Ibid., B 226, f° i;4 v) ; le 8, elle refuse d'appeler Téchevin Jean Fremyot, religieux de Saint- Bénigne, parce qu'il est le frère de P.én. Fremyot {Ibid-. B 226, f" 178) ; on saisira tous les suspects.
seront saisies ; (l'iuiti-os personnes suspectes seront chassées ; on (léckle même d'écrire à Fervaques pour lui demander s'il lui plaît que le président des Comptes Fi-emyol et le président au Bureau des finances Le Gompasseur soient emprisonnés, en même temps que la femme de Yaugrenant, :Marguerite Noblet. Aussi, dès avant le 23 mars déjà, les persécutions avaient été assez violentes pour contraindre les royalistes à la fuite.
11 est assez délicat de préciser à quel moment ces premiers magistrats dissidents se séparèrent de leurs collègues et quittèrent Dijon. Depuis longtemps, le président Bénigne Fremyot n'était plus à Dijon : nous l'avons vu déjà à la cour d'Henri III au début de janvier iSScj ; dès cette époque, son rôle politique commença. Uni au comte de Tavanes, il s'occupa des opérations militaires et ne songea plus à rentrer à Dijon'. A son retour de la cour, Fremyot donna l'hospitalité dans son château de ïhoste * à un certain nombre de ses collègues qui venaient de quitter la ville ' : ces magistrats étaient au nombre de dix, d'après Baudouin Me crois leur nombre moindre, sans toutefois pouvoir le fixer d'une façon précise*. DeThoste, ce petit groupe de dissidents se rendit à Noyers, pour éviter d'être surpris par les agents du duc de Mayenne, suivant l'ordre qu'il en avait donné": nous les retrouve-
I. Malgré ce que nous dit La CcisiNE(op. cit., II, 141-2). qui affirme que Fremyot, le 23 mars, refusa de jurer les articles de la Sainte-Union. Son nom n'est d'ailleurs pas mentionné dans les Reg. du l'nrlemrnt, III, 270. Ceux-ci portent : « tous les conseillers ci-dessus nommés ont juré et promis... .. Or les noms ne se trouvent nulle part. — Les mesures prises contre lui et ses parents parla Ville prouvent assez quil ne pouvait rentrer à Dijon sans craindre d"ètre emprisonné.
a. A quelques kilomètres de Courcelles-les-Semur.