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Arch. du greffe, B iao85, f» 44 v

tion, le sentiment de l'illégalité de leur séance. Ils comprenaient surtout que l'afTaiblissement de la Compagnie à la suite du schisme était en partie cause de la dépendance excessive où était tombée la Cour de Dijon à l'égard des pouvoirs ligueurs, en particulier vis-à-vis de la municipalité dijonnaise ; c'est pourquoi ils auguraient bien, pour la dignité de la Cour, de l'alliance des deux fractions. Aussi ces magistrats saisissaient-ils toutes les occasions qui s'offraient à eux de provoquer le rappel des dissidents.

A la mort d'Henri III, dans les premiers jours d'août 1689, le Parlement décida* de rappeler les membres royalistes siégeant à part à Flavigny et de remettre ainsi le Parlement en son état premier ; peut-être espérait-on qu'à la pensée de servir un roi huguenot, le zèle des royalistes allait s'affaiblir, que leur fermeté allait s'émousser, qu'ils allaient hésiter.

Aussi bien le moment était-il adroitement choisi : l'ardente foi religieuse de certains des magistrats avait à soutenir un rude combat contre le sentiment du loyalisme - ; celui-ci l'emporta pourtant et leur conduite ne trahit aucune faiblesse. — Le projet de la Cour de Dijon fut soumis, le 14 août, à l'approbation de la Chambre de Ville. Plus exclusive, celle-ci n'admettait pas de compromission ; elle avait encore sur le cœur cette manière de révolte dont s'étaient rendus coupables contre son autorité les magistrats dissidents : n'était-ce point à cause d'elle et malgré elle qu'ils avaient fui? Cette rancune encore vive, joint à une foi ligueuse plus violente, interdit à la municipalité d'accéder aux vœux de la Cour dijonnaise.

La Mairie refusa donc son consentement : l'avocat Etienne Bernard, le procureur-spidic de la ville. P. Jachiet, et les échevins Jaquin, Devisey et Colin deman-

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