‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 42 sur 144 · La Chambre des Elus était composée de · texte numérisé non relu

La Chambre des Elus était composée de

Jean de Chandyo, abbé de l'abbaye Notre-Dame d'Oigny.

Ilumbert de Marcilly de Cypierre.

Georges Filzjean, seigneur de la Chaume, lieutenant au bailliage d'Auxois, siège d'Avallon (Arch. dép. de la Côted'Or, C So^o, f» i4).

François Fyot, avocat au Parlement, occupait le siège du vicomte mayeur de Dijon.

tion du i)ax'ti, et le rôle joué par les Parlementaires dans la lutte active, dans la guerre même, sont autant de faces distinctes de l'activité des magistrats bourguignons dans la partie engagée.

Le premier devoir de la Cour formée pour le service et sous l'obéissance du roi était d'enlever, théoi'iquement tout au moins, à Mayenne, tout le pouvoir qu'il pouvait détenir : la l'évolte du duc contre l'autorité royale était incompatible avec ses titres honorifiques et les charges qu'il exerçait dans l'Etat. C'est pourquoi, dès sa première séance officielle, le Parlement rend un arrêt déclarant, conformément aux lettres patentes données à Blois, en février, les duc de Mayenne et chevalier d'Aumale, rebelles et criminels de lèse-majesté, et révoquant les pouvoirs et autorités à eux attribués ^ C'était là un acte obligatoire, mais parfaitement inefficace. Mayenne était fort, solidement soutenu par tout un parti ; peut-être même à cette époque avait-il pour lui la majorité des Français. Ouvertement révolté, que lui importaient les attaques sans sanction d'un roi qu'il répudiait, si sa propre puissance contrebalançait l'autorité royale elle-même ; que lui importait cette dénégation de pouvoirs faite par une poignée de magistrats dans un coin reculé de la Bourgogne ? Malgré la déclaration royale de 1689, les Parlementaires royalistes bourguignons eurent jusqu'au bout la crainte de voir Mayenne, en cas de paix, doté d'un gouvernement et en particulier du gouvernement de son ancienne province, c'est-à-dire gratifié de la Bourgogne elle-même ; cette crainte perpétuelle et vivace donna même lieu, en 1594, à des démarches faites en cour jiar le président de Crespy pour supplier le roi d'enlever à tout jamais la Bourgogne à Mayenne, ou tout au moins (et, dans cette démarche, nous voyons poindre la rancune de ces magistrats contre ceux qui les avaient forcés à s'exiler), de dé-

1. Voy. l'arrêt à la liib. mun. de Dijon, Fonds Saverol w 3, III, 1° 2, cl les lettres patentes aux Areh. du greffe, B 12088, f° 2 v«.

cider, pour assurer le libre exercice de la justice, la démolition du château de la ville où le Parlement, après la pacification de la province, tiendrait ses séances *. La Cour avait donc le sentiment de l'inanité de ses efforts pour priver elTectivement Mayenne de ses pouvoirs. Elle se rendit compte que son action pouvait être plus efficace sur les gentilshommes de la province et sur le peuple même. En effet, si les villes s'étaient déclarées pour l'Union, les campagnes restaient plutôt attachées au roi, et en particulier ces petits nobles de province, ces gentilshommes campagnards dont les châteaux peuplaient la plaine et la montagne ; il suffisait d'un léger effort pour les jeter dans le parti royaliste actif. La Cour comprit vite qu'il lui appartenait d'y pourvoir: et, le 6 juillet 1.589. ^^^^ ordonne à « tous seigneurs, gentilshommes tenants fiefs et autres faisant profession des armes », de se rendre tous avec leurs armes, dans un délai de dix jours, près des lieutenants du roi pour le service de Sa Majesté'', sinon elle les déclare « roturiers, rebelles, ennemis du roi et déserteurs du public », etc. De la même source découlent les injonctions pressantes et répétées du Parlement d'abandonner l'Union pour venir prêter le serment de fidélité au roi : l'arrêt du ij avril iSSg, renouvelé le 12 mai. ordonne à tous ceux qui ont adhéré au parti de Mayenne de venir en personne par devers ladite Cour prêter le serment \ Il est probable que bien des gentilshommes virent tomber leurs hésitations devant ces rappels du Parlement à la fidélité et au devoir, et se rendirent à son invitation, malgré le peu de convictions de certains d'entre eux, témoin les barons de Lux * et de Yitteaux, qui, pendant toutes

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