I. Desjardins, op. cit., p
a. Cf. Laib, Histoire du Parleruent de Normandie depuis sa translation à Caen (juin i5Sg) jusqu'à son retour d Rouen en avril i5g4- Palm a-Catet, op. cit., livre I. p. i34. 3. Palma-Catet, op. cit.. livre III, p. 32o.
face tles assassinats de Blois? Quelle pouvait être cette attitude, ôlaut donné l'état d'esprit général du Parlement en 1 588?
Pour définir cette altitude, il importe d'abord de connaître la position prise par les Parlementaires à l'égard de la Réfornic. Le Parlement était-il « atteint » par la nouvelle religion ? S'il en était atteint, ces parlementaires « réformés », ces huguenots ne pouvaient, dans la crise politique qui venait de s'ouvrir, avoir d'autre pensée que de s'opposer aux agissements de la Ligue formée pour le maintien de la religion romaine et la défense des chefs du parti catholique, c'est-à-dii'e en faveur des Guise et de leur successeur Mayenne. Or, de même que, peu à peu, un parti politique se dégageait du côté catholique, de même aussi, dans l'intérêt de leur foi, des « réformés » ayant à faire choix d'un parti, devaient embrasser nécessaii'ement, pour leur sûreté même, le parti de la royauté contre celui de la Ligue.
Grande eût été, certes, l'influence d'un parti huguenot sur l'attitude générale du Parlement. Mais un tel parti existait-il vraiment en i588? La Cour était-elle « infestée » des nouvelles doctrines ?
Depuis longtemps, il est vrai, les idées réformistes semblaient s'être glissées dans le Parlement, et, dès i555, bien des magistrats étaient suspects aux catholiques zélés : le l'J novembre i555, le premier président avait jugé bon de recommander aux membres de la Cour « d'avoir égard à la religion chrétienne, veiller et pourvoir sur l'opinion contraire de sorte qu'il n'en vienne fautle et que personne ne soit calumnié ' ».
Ce qui n'empêchait pas le prédicateur des Jacobins d'affirmer, le 3i mars 155^ (i558), qu'il y « avoit des luthériens parmi les présidents, conseillers et avocats -. » Après le massacre de Vassy (i*"" mars i562), la tentative
1. Reg. du Parlement, 1,590. Cité par V^iard : Le président Bcgat, p. 40.