‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 90 sur 144 · Arch. mun. de Dijon, B 227, f"" G · texte numérisé non relu

Arch. mun. de Dijon, B 227, f"" G

Paroisse Saint-Jean :

Le sieur Darenton.

Le contrôleur Noblet.

La femme de Cousin sergent.

Le général Jacob.

Toute la Chambre du Trésor fors La Bondue.

Henry Guillaume, couturier.

Euvrard Bredin.

Pierre de la Planche.

Bén. Soirot.

Claude Feyrat,

Le lieutenant JNIorin.

L'auditeur Gallibois.

Le conseiller Sayve.

Estienne de la Place.

Régnier Lestelés.

Jean Kondot.

(iuil. Nicolas.

Danon, conseiller.

Etienne Billocard.

La veuve Guy Dubuisson cl ses nUes.

Bén. Longin.

Le lils Antoine de Mony.

Jean Billot.

La femme d'un coutelier « au marcher/, du Lay >•.

Jean Loison.

Jean Cusenier.

Claude Cusenier.

P. Damour.

J. Robelot.

Ph. Baudin.

La femme llugucl Sambin

Nie. Yaquetot, menuisier

Jean Bricard.

Ktienne Perron,

Marguerite de liecologne

l'ierre de la Mare.

Jacques La Noix, peletier

Veuve Perrenol.

Guienot, orfèvre.

Moreau. libraire.

Legoux.

Le Compasseur.

Lopin.

La servante dame Jeanne, demeurant chez M. de 'Pavanes.

Hlondeau, conseiller.

Catherine, conseiller.

Bourberain, graveur.

Jean Poillechat.

Jean Etienne.

Philip|)e Boullée.

Odinelle.

Le vicaire de Saint-Philibert, Boursault.

Robert Baillet paraît aussi avoir été suspect de bonne heure*. Les femmes des magistrats furent, semble-t-il, tout spécialement favorables aux royalistes : je n'en veux pour preuve que l'enquête faite, dès 1089, par la Ville contre Gasparde de Montholon, femme de Jean Fyot puîné, pour ses rapports avec Vaugrenant*. Il serait peut-être excessif de conclure que les magistrats qui laissaient leurs femmes se compromettre n'étaient eux-mêmes retenus déjà que par leur extrême prudence, scrupule qui pourtant s'accorderait bien avec le caractère dominant des Parlementaires et avec la conduite future de certains, de Fyot notamment. Faut-il, d'autre part, tirer des conclusions positives du choix fait pour son libraire par le Parlement' d'un membre d'une famille royaliste de Dijon, de Jean Desplanches, frère de Maximilien , expulsé par Mayenne, dès le mois de janvier? * De tous ces faits, il résulte, en tout cas, évitlemment, qu'en iSSg plusieurs magistrats avaient une secrète sympathie pour la cause royaliste ; mais la prudence les empêchait de parler et de se déclarer. Leurs sentiments d'ailleurs étaient bien va-

I. Arch. mun. de Dijon, L 63; : 29 jauv. iSgo. Suivant une ordonnance de Scnnecey aux maire et éclievins de lui fournir 4-ooo écus pris sur « les suspectz, mal zélés et afleclionnez au parly de la Saincte-Union » pour entretenir une g-arnison, le maire et les capitaines des paroisses assemblés ont nommé les imposés : Fremyot des Comptes (âoo écus), le Compasseur (3oo), Baillet (3oo), etc.

a. Arch. man. de Dijon, B 227, f» 4» : 11 juillet 1589. On veut arrêter la conseillère Fyot parce qu'elle a fait confectionner des plats et des assiettes chez Baron, potier d'étain, des franges jaunes et violettes et des boutons de même couleur pour écharpcs, pour envoyer le tout à Vaugrenant.

14 juillet (Ibid., fo48 V). Elle sera emprisonnée dans la maison de Quarrè et les fenêtres seront closes et on affichera sur la porte : « IJéfense de sortir à peine d'être pendue et étranglée. ».

3. Arch. dép. de la Côte-d'Or, C 208;. f" 354 • i5 mars 1589. Une boutique est accordée dans l'intérieur du Palais à J. Desplanclies. Il devient le libraire de la Cour : taxe de 3 écus 20 sols est faite à Desplanches pour aoo copies d'un arrêt louchant les monnaies (Arch. dép. de la Côte-d'Or, C Sojx, f° 89 V»).

4. Corresp., II, p. i3i, n°35i. — Cf. Arch. mun. de Dijon, B 226, f° 209 v»; 22 avril 1589 : Résolution d'emprisonner Desplanclies comme suspect — et aux Arch. mun. de Dijon, B 9, la requête de liénigne Milliére, femme de Maximilien Desplanches, « absent », pour qu'on lui rende ses meubles saisis à cause du départ de sou mari.

gués encore ou leur timidité bien grande. Qui eut empêché Blondeau et Bernardon, par exemple, d'imiter leurs collègues suspectés et empiisonnés en même temps qu'eux, les Grespy, les Briet, les Valon. et de quitter aussi Dijon? A dire vrai, ils n'avaient qu'une tendance, une aptitude à devenir royalistes. La plupart restaient sans opinion ferme, ballottés au gré des partis, ligueurs parce que la Ligue triomphait, décidés à acclamer le roi s'il était victorieux. Ils étaient sans énergie et se laissaient mener par quelques ligueurs ambitieux ou fanatiques ; tous, en somme, étaient aptes à devenir royalistes plus ou moins vite.

La Chambre de Ville et les ligueurs dijonnais ne s'y trom[)èrent pas : de bonne heure, ils comprirent qu'il fallait se défier du Parlement. La froideur même que manifesta si promptement la Cour pour la Sainte Ligue fortifia cette pensée. Ce manque de zèle fut vite remarqué, et la Mairie, choquée, en fit le reproche au Parlement : les plaintes de la municipalité sont formulées dans le brouillon d'articles à présenter au duc de Mayenne, où elle accuse la Cour de ne prendre en considération ni ses arrêts à l'égard des absents armés contre l'Union, ni ses arrêts contre ceux qui exécutent les décisions de Flavigny, lui faisant aussi grief de son refus de procéder pour empêcher les ravages des ennemis ou les impositions des royalistes'. La Mairie hésita à présenter ces doléances et ces articles furent biffés ; mais il reste cette constatation que l'attitude du Parlement paraissait équivoque, et cette impression que tout ensemble les magistrats ne semblaient ni assez favorables à l'Union ni assez hostiles aux royalistes.

Cette défiance à l'égard du Parlement, conçue dès le début par la Mairie, explique en partie la politique suivie par la (Chambre de Ville à l'égard de la Cour et de ses membres, politique toute d'exclusion et d'hostilité. Et cette politique même exerce une influence importante

I. Arrh. imm. de Dijon, B 9 his : Articles de 158») (?) Cf. Pièces justif., n»XIII.

parmi celles qui vont agir sur l'esprit des Parlementaires et qui vont faciliter et accélérer dans leur cœur le développement du sentiment royaliste.

Tandis, en effet, que le Parlement restait modéré dans son attachement à la Ligue, la Chambre de Ville devenait véritablement fanatique et s'acharnait contre les royalistes : c'est pourquoi elle contrecarrait si souvent les actes du Parlement. Elle se refusait à seconder ses désirs de rapprochement avec les magistrats exilés, et cela par deux fois'. Elle oubliait le respect dû à la première Compagnie de la province et traitait ses membres comme de simples bourgeois. L'attitude arrogante de la Mairie indisposait naturellement les magistrats. Le joug qu'ils supportaient, la tutelle qu'ils subissaient ne pouvaient manquer de les lasser, et les insolences de la Chambre de Ville avaient amené la formation d'un nouveau parti, parti de second ordre, qui pourtant jouera plvis tard un certain rôle, et que l'on pourrait appeler celui des défenseurs de l'honneur de la Cour, Son chef et porte-parole fut le président de Montholon. Cet homme, très faible pourtant, à qui par surcroît son hydropisie interdisait toute espèce d'activité, ne pouvait voir la Compagnie à laquelle il appartenait ravalée et déconsidérée aux yeux de tous par les agissements de la Chambre de Ville; aussi déclarait-il, dès i5go, qu'il sortirait très volontiers de la ville, parce que partout il serait plus respecté qu'à Dijon ^ Ce furent là précisément les pi'emièi*es manifestations de cette colère sourde contre la Mairie, qui devait grandir dans le Parlement; quelques magistrats, entre autres le conseiller Thomas, suivirent Montholon.

D'autres influences, non moins importantes, vinrent modifier les sentiments des magistrats : l'état général de la France, le déclin de la Ligue dans tout le royaume. En effet, si la plupart des magistrats avaient opté pour l'Union

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