Breu.not, II, 9'i
7. Mémoires de Sullot, p. 11. — 1692. « Un procureur à la Cour dv Dijon,
et les ligueurs qui maintenant étaient tournés en ridicule. En même temps que des vignerons menaçaient les jésuites', des avocats osaient porter le deuil de la Ligue; des placards moqueurs à l'adresse du père Buffet étaient affichés et l'on publiait, au printemps de i594, le Testament de la Ligue, avec des tableaux où étaient représentés pendus les principaux ligueurs, en particulier Fyot l'aîné, conseiller au Parlement, et Etienne Bernard 2. Les orfèvres même commençaient déjà à fabriquer des bagues avec des Heurs de lys gravées'. L'audace des royalistes dijonnais grandissait et leur nombre augmentait.
La même évolution s'était opérée dans l'âme des Parlementaires : la guerre ruinait aussi leurs biens aux champs ; ils avaient soif de la paix, et leur confiance dans la cause du roi s'affermissait. La sympathie que gardaient certains d'entre eux à la royauté se précisait, et les autres ne voyaient plus dans la fidélité à la Ligue qu'un risque de s'aliéner le roi, au jour de son triomphe définitif; or, de cet événement, personne ne doutait : ce n'était plus qu'une question de temps. La formation à Dijon même d'un parti royaliste, de jour en jour plus puissant et plus entreprenant, n'était pas faite pour diminuer le courage et les espérances des magistrats qui songeaient à Henri IV. Un certain nombre d'entre eux, en même temps que des gens des Comptes, des procureurs, des avocats, se joignirent
nommé Jean Baudouin, iils d"un sergent royal demeurant proche la Portelle. lit un feu de poudre en la rue de la Magdeleine de cette ditte ville en laditte année, et sur Téchaflaut étoit relevée et posée une piramide, à laquelle estoient collés et attachés plusieurs grands nez faits de toille peinte représentés au naturel, des narines desquels sorloient des billets de papier auxquels estoient écrits en grosses lettres ces mots : « Autant de nez au Biarnois, autant de nez au Navarrois. >>
1. Patouillet, d'Etevaux, tient, en pleine Sainte-Chapelle, des propos séditieux contre la prédication du père Christophe (Brf.lnot, II, 63. — Cf. ■diissi Ibid.. i'J2-i3S).
2. Bkeinot, II, 76-94 — Cf. DitoioT, op. cit., p. i3, note 1. On injuriait surtout Fyot (Bheuxot, II, g.")).
Pour le libelle contre Buffet, Cf. aux Arch. miin . de Dijon. B a3i, f' ;5 v. Voy. aussi L'adverlissement d la noblesse et aux eilles de Bourgogne tenant le parti de la feinte Union, dont la publication a été rappelée par M. I)boi;ot. op. cit.. p. i3, note 3.