‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 94 sur 144 · Brelnot. II, 62 : 19 mars · texte numérisé non relu

Brelnot. II, 62 : 19 mars

5. Brelnot, II, 83. — Enlin les relations, qui n'avaient jamais entièrement cessé entre les magistrats royalistes et les ligueurs (témoin la correspondance de Breunot et de Tisserand), reprenaient; le (ils de Brulart avait épousé, le 16 nov. 1693, la fille de Crespy, les femmes dos Parlementaires revenaient à Dijon, sans être inquiétées, en sept. i593, et Bheunot dit à ce propos : « Toutes choses commencent à renouer et repatrier tout doucement» (II, 366).

ou huit qui mettoienl clans leurs bourses, et qui peut-estre se voudroient opiniastrer, que le reste des gens de bien se perdit ; que Paris avoit este aussi mauvais que Dijon, et toutefois estoit bien retourné à son devoir*». Est-il interdit de supposer que INladeleine Hennequin, avec l'exagération naturelle à la femme, ne faisait que refléter les convictions intimes de son mari, Denis Brulart, et que Brulart lui-même inclinait de plus en plus à la paix ?

Il y avait ainsi dans le Parlement, au printemps de 1094, des hommes que leur opportunisme, sous l'influence des circonstances politiques générales, et que leur intérêt en face du déclin de la Ligue, poussaient à désirer la pacification et à souhaiter un rapprochement avec les royalistes. Les ligueurs dijonnais s'aperçurent vite de ce changement qui s'était opéré dans le sentiment des magistrats. Le Parlement tout entier fut de plus en plus tenu en défiance, et c'est contre lui que les prédicateurs lançaient maintenant leurs plus virulentes attaques et leurs plus violents anathènies. Comme il était juste, le conseiller Claude Bretagne était suspecté un des premiers, et l'échevin Pignalet tonnait contre lui et sa maison 2. Partout on considère les magistrats comme gens « très mal afl"ectionnés ^ », comuic des « méchants qui ne vallent rien » et qu'il faut exterminer ; le carme Bufl'et prononçait ces paroles du haut de la chaire même*. On allait jusqu'à empêcher les Parlementaires d'aller à la garde de la ville \ et les soupçons qui pesaient sur eux étaient tels qu'on les

1 . Bkhi NOT, II, 85 : i5 avril 1594. — JMd., 102 : a4 avril. La femme de Fyol répoiulait qu'elle se ferait crucifier pour ce parti ; qu'il y allait de la vie de son mari, de sou honneur et de son bien (Ibid., II, 9;).

En fév. iSgj, déjà. Madeleine Hennequin avait dit fièrement au maire « qu'il y en avait qui avaient ci-devanl trop i)arlé, qu'il fallait présentement se taire, et d'autres qui s'estaient lus, qui parlassent. » (Ibid., II, 36-3:).

2. Hreunot, II, ii5 : 5 mai 1694. Pignalet étant devant la maison de Bretaj^ne, dit : « Voilà une maison qu'il faut que je ruine bientôt ».

3. Ukeinot, II, 225. — Cf. la dispute survenue dés le 11 mars entre Fyol puîné et le maire {Ibid.. II. .')4).

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