Réfléchir, songer
b. — Ici. Voir p. 12.
et j 'dirai 1 à mon père : Mon père, j’ai péché contre le bon Dieu 2 et j’ai eu tort vis-à-vis de vous. J’sus pas digne que vous m’appeliez votre enfant ; traitez-moi comme y’un d’vos engagés.
I partit et s’en retourna cheux son père. Courue il était encore loin, son père Vavisit et i y fit si pitié 3 qu’il courut au devant de lui, se jetit (prononcez se shetit, e très bref) à son cou et 1 embrassit.
Mais l’enfant y dit : Mon père, j’sus ben coupable devant le bon Dieu et vous ; j’sus pas digne que vous m’appeliez votre enfant.
Mais son père dit à ses sarvants : Allez queri 4 5 tout d’suite i> la plus belle robe pour l’habiller ; mettez-?/ une bague au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez aussi le veau gras ; qu’on le tue et qu’on faise une grand repas. C’est à cause que (on dit aussi, c’est parce que) mon enfant que vous voyez, était mort, et qu’il est ravigoté 6 7 ; il était perdu et je l’avons retrouvé' . Et y s’mirent à table.
Le plus vieux des garçons, qui était au champ, s’en retournit sur ces entrefaites, à la maison, et en arrivant il entendit la musique et la danse.
Et il appelit y’ün des sarvants et i y demandit ce que tout ce train-là voulait dire.
Et l’engagé y répondit : Vot’frére est revenu et vot’ père
1. — “ Je, m 'lèverai, j’dirai, ” c’était, au xvne siècle, et l’on peut dire, c’est encore aujourd’hui, la bonne prononciation.
Le e de me et de je est tellement bref qu’il disparait. C’est comme pour le mot emp’reur.
2. — Di, suivi d’une voyelle, se prononce comme en anglais ji, dans jil, ou gi dans gin.
3. — Ti, dans pitié, tien, tiens, etc., se prononce à peu près comme ch dans cheap, en anglais.
4. — Le r, à l’infinitif du verbe quérir ne se prononçait pas, à la Cour de France, au xvue siècle et même au xvme siècle.
5. — Tout d’suite et non tout de suite, était au xvme siècle, et est encore la bonne prononciation.